Réflexe glamour devenu automatique chez la plupart d’entre nous, vaporiser son parfum dans son cou expose pourtant à des risques bien réels selon les experts.

On connaît la chanson par coeur : on attrape son flacon préféré, on incline légèrement la tête et l’on vaporise deux jolis nuages parfumés sous l’oreille, dans le creux du cou. Le rituel est si ancré qu’on ne se pose même plus la question. Pourtant, ce geste a priori inoffensif est de plus en plus pointé du doigt par les spécialistes de la peau, et leur message est sans détour : votre cou n’est pas la zone la plus indiquée pour accueillir votre fragrance préférée.

La raison ? Cette partie du corps cumule plusieurs fragilités. La peau y est plus fine que sur le reste du corps, donc plus perméable et plus sensible aux substances que vous y appliquez. Elle se trouve aussi en contact direct avec la lumière du jour la majeure partie de l’année, ce qui change tout lorsqu’on parle de parfum, comme le soulignent les dermatologues.

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Pourquoi le cou est une zone particulièrement sensible aux parfums ?

Le premier risque, et le plus visible, porte un nom : la dermite des parfums. Cette réaction cutanée bien connue des spécialistes se manifeste par l’apparition de taches de couleurs brunes là où le parfum a été déposé, après une exposition au soleil. En cause, certaines substances dites photosensibilisantes comme l’essence de bergamote, l’huile essentielle de citron ou de lavande, qui réagissent aux UV et déclenchent une pigmentation parfois très longue à s’estomper. À chaque été, les services de dermatologie constatent une recrudescence de ces marques disgracieuses sur le cou et le décolleté.

Mais le tableau ne s’arrête pas là. La majorité des parfums du marché contiennent jusqu’à 80 % d’alcool, ainsi qu’une vingtaine d’allergènes en moyenne, comme le rappelle régulièrement l’association « Que Choisir ». Linalol, limonène, butylphényl méthylpropional… autant de molécules qui peuvent déclencher rougeurs, démangeaisons et eczéma de contact, particulièrement chez les peaux réactives. Vaporisé sur une zone aussi délicate que le cou, situé tout près des ganglions lymphatiques et de la thyroïde, ce cocktail soulève également des interrogations parmi les professionnels de santé. Certains composants, notamment les phtalates, le BHT ou les muscs synthétiques, sont en effet suspectés d’agir comme des perturbateurs endocriniens en pénétrant l’organisme par voie cutanée.

Les bons gestes pour porter son parfum sans risques

Bonne nouvelle : il n’est pas question de renoncer à votre signature olfactive. Quelques ajustements suffisent à profiter de votre fragrance sans malmener votre peau. Le premier réflexe consiste à privilégier les vêtements plutôt que la peau nue, en gardant tout de même à l’esprit que certaines matières fragiles comme la soie peuvent se tacher. Les cheveux, plus précisément la nuque ou les pointes, constituent aussi une option redoutable puisqu’ils retiennent merveilleusement les notes plus longtemps, à condition d’éviter les racines pour ne pas les assécher.

Si vous tenez absolument à parfumer votre peau, mieux vaut opter pour des zones moins exposées au soleil et moins fines, comme le pli du coude ou l’arrière des genoux. Et surtout, on évite formellement de se vaporiser juste avant une exposition aux UV. Scruter la liste d’ingrédients reste enfin le meilleur réflexe pour limiter les substances controversées, tout comme se tourner vers des marques de parfumerie naturelle ou clean qui se multiplient ces dernières années.

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