Le collagène rebâtit la structure de la peau, l’acide hyaluronique retient son eau. Deux dermatologues détaillent comment les associer efficacement.

Sérums, crèmes, compléments alimentaires : ces deux actifs dominent aujourd’hui les rayons beauté et les formulations anti-âge. Ils n’agissent pourtant pas sur les mêmes mécanismes, comme le rappellent la dermatologue Nora Jaafar et la docteure Fiona McCarthy, directrice médicale de la Bronte Clinic. Avant de choisir l’un ou l’autre, encore faut-il comprendre ce que chacun fait réellement à la peau.

Deux actifs, deux fonctions bien distinctes

Le collagène est la protéine la plus abondante de l’organisme. Elle forme l’architecture de la peau et lui donne fermeté et élasticité. Sa production ralentit naturellement chaque année, et ce déclin s’intensifie fortement durant la périménopause sous l’effet de la baisse des œstrogènes. La conséquence est visible : relâchement cutané, ovale du visage moins défini, rides plus marquées. L’acide hyaluronique, de son côté, fonctionne comme un capteur d’eau : il peut retenir jusqu’à mille fois son poids en humidité, ce qui repulpe la peau et affine son grain. Pour Nora Jaafar, la baisse de collagène compte parmi les causes biologiques profondes du vieillissement, tandis que la baisse d’acide hyaluronique en est surtout le signe visible.

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Une crème au collagène ne recharge pas la peau en collagène

Un point mérite d’être clarifié : appliquer du collagène sur la peau ne relance pas sa production naturelle. Fiona McCarthy explique que la molécule de collagène est trop volumineuse pour pénétrer l’épiderme ; elle reste donc en surface. Pour stimuler réellement la synthèse de collagène, les deux médecins recommandent plutôt les rétinoïdes (dérivés de vitamine A) et les peptides, des fragments de protéines suffisamment petits pour atteindre les cellules cutanées. En revanche, pris par voie orale, le collagène montre de meilleurs résultats : une étude parue en janvier 2026 dans l’Aesthetic Surgery Journal Open Forum associe les cures de collagène ingéré à des effets positifs constants sur la peau, les muscles et les articulations. Pour l’acide hyaluronique, la logique s’inverse : c’est l’application topique qui reste la plus efficace, à condition de surveiller sa concentration, un taux supérieur à 1-2 % pouvant au contraire assécher la peau.

La routine conseillée par les spécialistes

Les deux actifs sont complémentaires plutôt que concurrents. Nora Jaafar propose une routine simple : le matin, un sérum antioxydant, un sérum à l’acide hyaluronique, une crème hydratante et un SPF 50 ; le soir, un rétinoïde, un soin aux peptides et une crème hydratante. Les délais d’action diffèrent nettement : l’acide hyaluronique agit en quelques minutes mais pour un effet temporaire, tandis qu’une cure de collagène demande huit à douze semaines et les rétinoïdes environ trois mois avant des résultats visibles. S’il ne fallait retenir qu’un seul geste, ce serait la protection solaire quotidienne : les UV restent, selon les deux spécialistes, la première cause externe de dégradation du collagène.

Article initialement publié sur elle.fr

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