Aérienne, légère et sensuelle sans excès, la jupe transparente se porte cette saison sous un blazer, un cardigan, une veste en cuir ou une chemise utilitaire. Tout l’art tient dans le dosage entre ce qu’on laisse voir et ce qu’on garde pour soi.

Yves Saint Laurent affirmait qu’un corps dévoilé avec justesse restait la plus belle des silhouettes. Précurseur du jeu des transparences, le couturier travaillait déjà la cigaline pour révéler la peau avec assurance, complétée de robes en mousseline et de ceintures en plumes d’autruche disposées avec soin. Il avait fait de la transparence l’un des manifestes stylistiques les plus marquants des années 1960.

Ce que les podiums en disent cette saison

Sur les défilés récents, la jupe transparente adopte parfois des allures sages, presque classiques, avec un ourlet qui s’arrête juste sous le genou. D’autres versions empruntent leur coupe au paréo ou basculent franchement du côté couture, à grand renfort de superpositions d’organza qui semblent onduler comme des plumes en contre-jour. De quoi lui garantir une place de choix dans les looks de soirée.

Les maisons multiplient les contrastes : de matière, de volume, de longueur, de proportion. On associe ainsi une jupe transparente à un coupe-vent technique en nylon, ou à un cardigan bien ajusté qui vient tempérer l’ampleur généreuse d’un volant. Un perfecto classique, cuir épais, clous et fermetures apparentes, apporte à l’inverse une note rock à une jupe midi bordée de dentelle, façon lingerie assumée.

Chez Prada, la jupe transparente se marie à une chemise utilitaire et une veste de travail prune, complétées d’un chemisier rose pâle, d’une pièce de lingerie orange vif et de longs gants d’opéra en satin ivoire. Simone Rocha en fait au contraire le contrepoint léger d’un pull précieux au col déstructuré, rehaussé d’une broche perlée et sertie de strass : une allure romantique, avec une pointe de subversion assumée.

Acne Studios s’amuse avec les codes vestimentaires classiques, les détourne, et fait se répondre masculin et féminin en associant un blazer patiné à une jupe transparente très sensuelle. Blumarine, de son côté, explore un romantisme gothique où le papillon devient motif récurrent d’un récit à la fois sombre et discrètement provocateur : jupes crayon nude et cardigans ouverts sur une bralette composent cette esthétique.

D’un défilé à l’autre, la jupe transparente se réinvente sans cesse, le plus souvent en longueur midi, toujours dans ce jeu subtil entre exposition et dissimulation. Giorgio Armani résumait bien cette idée : le sexy ne tient pas à un corps totalement exposé, mais à l’art de suggérer, de cacher juste assez pour laisser deviner, sans jamais tout montrer.

Les silhouettes repérées en défilé

Acne Studios, printemps-été 2026

©Launchmetrics

Les contraires s’attirent, du moins en mode : la maison associe une jupe transparente à un blazer en cuir à l’effet volontairement patiné.

Blumarine, printemps-été 2026

©Launchmetrics

Séduction assumée entre lingerie visible, transparence et motifs de papillons, pour un rendu à la fois sensuel et spectaculaire.

Carven, printemps-été 2026

©Launchmetrics

Le sport-chic pris au pied de la lettre : un anorak en soie moirée se superpose à une jupe crayon transparente en organza brodé d’orchidées.

Iceberg, printemps-été 2026

©Launchmetrics

Une bourgeoisie réinventée sous influence sportive, où la jupe plissée transparente croise l’imperméable. Le mariage surprend, et fonctionne parfaitement.

Maison Margiela, printemps-été 2026

©Launchmetrics

Le duo mode par excellence depuis les années 1990 : veste en cuir et jupe façon nuisette. La maison ravive ici le vestiaire des mannequins iconiques de l’époque.

N°21, printemps-été 2026

©Launchmetrics

Un jeu de volumes entre un cardigan ultracourt, ajusté au corps, et une jupe transparente à pois recouverte de volants. En contre-jour, un jupon à carreaux se révèle : c’est ce contraste qui fait toute la tenue.

Prada, printemps-été 2026

©Launchmetrics

Fonctionnel et habillé se télescopent dans un même look, pensé comme un uniforme urbain pour celles qui aiment déjouer les codes établis.

Simone Rocha, printemps-été 2026

©Launchmetrics

Un rien preppy, un rien romantique, juste assez théâtral : le noir et la transparence se conjuguent avec perles, cristaux et cols rigides délibérément déconstruits.

Giambattista Valli, printemps-été 2026

©Launchmetrics

La jupe transparente version haute couture, telle que seul le créateur sait l’imaginer.

The Attico, printemps-été 2026

Paréo urbain et transparence réunis dans une jupe qui semble façonnée à partir d’une chemise nouée. Le résultat ne manque pas de caractère.

Article initialement paru sur elle.it

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