À Milan, la Design Week 2026 a confirmé le rôle central des matières, des textures et des scénographies immersives. Du verre de Murano aux installations en marbre, en passant par les signatures luxembourgeoises, sélection des projets qui ont structuré cette édition.

Ce que nous avons retenu de notre visite de la Milan Design Week 2026 ? Le design s’appréhende autant par le regard que par l’expérience. Matières, textures et couleurs se sont imposées à travers des scénographies qui mettent en valeur le travail des créateurs et la singularité des matériaux. ELLE Luxembourg vous livre ses coups de cœur.

La Milan Design Week 2026 confirme son rôle de rendez-vous central. Si les habitués ont pu chercher les évolutions par rapport à l’édition précédente, les nouveaux venus, eux, ont pu découvrir un parcours dense, entre installations spectaculaires et propositions plus confidentielles. Impossible de tout couvrir ; l’intérêt réside aussi dans la possibilité de se laisser surprendre.

À souligner, parmi le dédale de maisons et projets, les créations luxembourgeoises se sont distinguées cette année encore : Anne Kieffer (Hannibal Motors), Christophe de la Fontaine et Aylin Langreuter (Dante Goods and Bads), ainsi que Frank Michels et David Geckeler (Geckeler Michels).

Les coups de cœurs internationaux de ELLE Luxembourg

 Louis Vuitton : l’éclat des années dorées

©Jessika Maria Rauch

Avec sa collection actuelle d’Objets Nomades, Louis Vuitton revient sur une période fondatrice, l’Art déco. Cent ans après l’Exposition internationale des arts décoratifs de Paris, la Maison réinterprète ses pièces emblématiques. Au Palazzo Serbelloni, la coiffeuse Celeste, soit la première pièce de mobilier signée Pierre Legrain, a retenu toute notre attention. Bois laqué, reflets brillants, contrastes de matières : l’objet s’impose aussi comme élément scénographique. À ses côtés, le Riviera Chair revisité et les pièces de la série Metropolis prolongent cette lecture contemporaine du patrimoine.

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Roche Bobois : un été en vue

© Stevens Fremont I Roche Bobois

Roche Bobois poursuit ses collaborations avec les maisons de mode. Avec Missoni et le designer Stephen Burks, la collection « outdoor Formentera » propose un travail sur le textile : couleurs franches, motifs identifiables, matières pensées pour l’extérieur. Le résultat s’inscrit dans une continuité, celle de traduire les codes de la mode dans le mobilier, avec une attention toute particulière portée à l’usage.

Fornasetti : rêveries domestiques

©Jessika Maria Rauch

Fornasetti développe son univers figuratif à travers une installation réalisée avec cc-tapis. Les archives de Piero et Barnaba Fornasetti y sont réinterprétées dans un parcours immersif. Motifs, textures et environnement sonore composent un espace dense, où le décor prend le dessus sur l’objet isolé.

6 a:m : du défilé à la piscine

6AM ©Melania Dalle Grave ©DSL Studio

Le verre reste au cœur de l’identité de 6 a:m, puisque ses racines sont toujours ancrées à Murano. À la Piscina Romano, la marque a présenté objets, luminaires et mobilier dans une mise en scène collective. Acmé de la visite ? Un un mur de cubes en verre, dont certaines pièces développées en onze couleurs pour la collection été 2026 de Bottega Veneta. Une installation qui emprunte au langage du défilé.

Margraf x Hannes Peer : un parking en marbre

©Erbani Studio

Pour cette édition, les présentations les plus incroyables ont investi des lieux inattendus : palazzi, cloîtres, piscines, voire carrément des parkings. Margraf et l’architecte Hannes Peer ont ainsi transformé un parking en la fabuleuse « Casa di Marmo ». Sols, murs et plafonds entièrement habillés de marbre composent un espace homogène. La lumière chaude structure la visite et donne à l’ensemble une dimension habitable, au-delà de l’installation.

Les designers luxembourgeois à l’honneur

Hannibal Motors : Le retour en puissance

©Igor Sinicins

Pour son retour à Milan, la Luxembourgeoise Anne Kieffer propose une mise en espace construite autour du mouvement. Foulards en cachemire et pochettes en soie, dessinés à la main et produits en séries limitées, reprennent des références automobiles et nautiques. Présentées dans l’atelier de l’architecte Benedetto Camerana, qui a d’ailleurs signé la Galleria 610 à Gridx, à Wickrange (Luxembourg), au-dessus de véhicules prêtés par le Museo dell’Automobile de Turin, les pièces dialoguent directement avec leur inspiration.

Dante : désordre maîtrisé

©Dante Goods and Bads

Comme à l’accoutumée Dante Goods and Bads avaient pris leurs quartiers au cœur du Salone, pour lequel l’équipe a développé un stand ouvert, pensé pour être majoritairement recyclable. Le jeu structure à la fois les objets et leur présentation. Parmi les évolutions : Darling en finitions métalliques et une nouvelle version du canapé Serpentine. Des ajustements précis qui prolongent les lignes existantes.

Geckeler Michels : un jalon en mousse

©Marcus Lawett

Le duo multiplie les projets. Au Salone, ils ont présenté la chaise « Rombo » avec Maxdesign. À la Triennale, leur « Acme Chair » s’inscrit dans une exposition collective initiée par la maison danoise Fredericia. Le projet central reste « Soma », premier système de canapé développé avec Blå Station. Housses interchangeables, modularité, durabilité : une réponse directe aux usages actuels.

Se poser pendant la Design Week

Si la Design Week impose un rythme soutenu, certaines installations offrent de véritables moments de pause. Mieux vaut les repérer en amont et les situer pour y revenir facilement. Voici celles que nous avons retenues cette année.

Chez Marimekko, à l’Osteria Fiori, la présentation de la nouvelle collection de porcelaine s’est accompagnée d’une expérience à table. Sous un dais fleuri, entre parties de boccia et cuisine italienne, le lieu donner vraiment envie de s’attarder et prolonger la visite. Gucci investissait de son côté le cloître de San Simpliciano avec une installation textile inspirée du motif Flora. Dans le jardin, le décor se déployait de manière fluide, comme une respiration au cœur de la ville. Deux lieux très fréquentés, à privilégier en début de semaine.

©Jessika Maria Rauch

À noter également, la New-Yorkaise Laila Gohar et la marque nordique Arket qui ont proposé au Giardino delle Arti une installation ultra ludique : un ancien carrousel dont les chevaux avaient été remplacés par des fruits.

Côté adresses, le quartier de Brera reste un point d’ancrage pour déjeuner, notamment à la Trattoria del Ciumba (pensez à réserver en amont). Pour une pause rapide, direction la Pasticceria Cova ou Marchesi 1824, via Santa Maria alla Porta. En fin de journée, le Bar Basso reste une valeur sûre.

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