Rencontre avec Fanny Bervard, une femme de cœur et d’audace. Créatrice de bijoux et passionnée de déco, la jeune femme court après le temps sans perdre son énergie. Arrêt sur image dans sa boutique Romantico Romantico.
L’envie d’entreprendre ? Fanny Bervard a le déclic dès son retour au Luxembourg alors qu’elle est acheteuse pour une marque de décoration scandinave. Parfois, elle travaille en boutique, arborant son collier en perles. Pas n’importe lequel ! Une version vintage revisitée et audacieuse de sa propre création. Modernité. Contraste des blancs. Jeu des éclats. Les perles d’un collier chargé d’histoire familiale reprennent vie. L’engouement est réel. La jeune femme chine des perles, décortique bracelets et colliers anciens, crée pour des amies. Des pièces uniques, modernes et « so » chic. Pourquoi la perle ? « Son processus de création, sa nature vivante et ses multitudes de nuances m’ont toujours fascinée ». Encouragée par son entourage, Fanny voit alors plus grand. De pop-up stores en ventes éphémères, la jeune entrepreneuse lance sa propre marque. Romantico Romantico. Évidemment. La perle, n’est-elle pas l’apanage de la romance et de la beauté intemporelle ?
Lire aussi : Une icône de la mode parisienne au Luxembourg : Mathilde Favier
Un parcours à 100 à l’heure
Luxembourgeoise, Fanny Bervard suit des études de mode à Barcelone et Milan. Ses classes ? Elle les fait à New York pour la marque de vêtements « The Row » des sœurs Olsen. Puis direction Berlin auprès du créateur sino-allemand William Fan. De ces années trépidantes, la jeune femme apprend la rigueur, l’importance du choix des matières, la sélection des filières d’approvisionnement. Et au-delà. Fanny aime prendre des risques, oser des associations, se faufiler là où personne ne l’attend. Sa fibre entrepreneuriale est déjà ancrée dans son ADN. Si l’histoire de Romantico Romantico débute sous les plus beaux auspices, la pandémie de l’année 2020 rebat les cartes. Qu’à cela ne tienne. Visionnaire, Fanny Bervard acquiert en Asie un large stock de perles in extremis avant la fermeture des frontières. Ses créations ? Elle les réalise chez elle, les vend sur son site et les livre à vélo, masquée et gantée. Des bijoux de caractère qui portent son identité. Le coup de pouce viendra d’une interview, diffusée juste après la prise de parole du Premier Ministre annonçant le confinement. Il n’en faut pas plus pour propulser les ventes et stimuler son énergie. Romantico Romantico démarre sur les chapeaux de roue.
Des bijoux à l’art de la table
Une adresse Grand Rue, la naissance de son premier enfant – un petit garçon suivi d’une petite fille donnent des ailes à l’entrepreneuse. À trente-cinq ans, celle qui ne s’est jamais posée – de son propre aveu – repense son projet. Au-delà des bijoux, Fanny souhaite proposer tout un univers à sa clientèle. « Une esthétique pour aller à la rencontre des femmes et leur apporter du bonheur ». Son leitmotiv ? Toucher leur sensibilité, les rendre heureuses et les aider à oser. Dans ce schéma généreux, la décoration s’impose. « J’aime recevoir et réunir les gens que j’aime autour de moi ». Romantico Romantico devient un écrin lumineux, arborant des teintes rosées, jaunes et orangées. Dans cet espace coquet et chaleureux, vases, nappes, objets déco résonnent avec les collections de bijoux. « Qu’elle soit mère, grand-mère, jeune fille, la cliente trouve toujours son bonheur ».
Si la céramique vient d’Italie, d’Espagne et de Hollande, les nappes sont confectionnées au… Luxembourg ! « Avec ma vie de famille, j’ai dû revoir mon organisation ». S’entourer d’une équipe de confiance pour garder du temps avec ses enfants. Églantine au marketing, Victoria au commercial et à la production, composent son équipe de choc. Adieu les voyages aux quatre coins du monde. Place aux filières directes, qui ont du sens. « Pour nos nappes – réalisées sur mesure – je travaille avec un atelier de femmes ukrainiennes installées ici depuis la guerre ». Réalisation précise et minutieuse, fluidité du travail, livraison maîtrisée en seulement deux semaines. Un projet de cœur pour Fanny qui aurait pu se satisfaire d’une filière plus « économique ». « Nous avons tissé des liens de confiance et de respect qui n’ont pas de prix ». Même philosophie pour les ronds de serviettes. « Réalisés par des femmes de Bogota qui les fabriquent et les vendent pour sortir de la rue ».
Ses projets ? Une ligne de décoration colorée pour les fêtes. Du vert, du rouge, du blanc. Sophistiquée, romantique, un brin classique, à la pointe du raffiné. Du fait main qui a du caractère. Nappes, vases, bougies, accessoires de table. Verre soufflé, céramique, résine. Fanny joue avec les couleurs et les matériaux. « Choisir un objet est plus qu’un simple acte décoratif. Chaque détail compte. J’aime fusionner des éléments traditionnels avec des designs plus modernes ». Pour une finalité ultime : révéler sa propre originalité.
Où ? Romantico Romantico, 86 Grand-Rue, Luxembourg (centre-ville)
À lire également sur le même thème
Au Luxembourg, Pauline Favier diffuse l’art de vivre Bloom Paris
Alice Welter : « Si être effrontée, c’est refuser d’être dénigrée, alors oui, soyons effrontées »
Comment porter ses bijoux en 2026 ?