À Cannes, tout ne se joue pas sur le tapis rouge. L’autre “place to be”‘ durant la quinzaine du film, c’est la Terrasse by Albane. Nous avons rencontré Albane Cleret, la fondatrice de ce lieu hybride très prisé.
Il y a vingt-cinq ans, Albane Cleret lançait un concept un peu fou, inspiré des members clubs londoniens : un lieu éphémère qui, durant le Festival de Cannes, accueillerait les initiés (professionnels du cinéma, du luxe et de l’influence) pour leurs interviews, rendez-vous, déjeuners et soirées festives. Baptisé La Terrasse by Albane et perché sur le rooftop du Marriott, le lieu est depuis devenu une véritable institution. Nous avons rencontré sa girlboss, qui revendique son rôle de cheffe d’orchestre plutôt que celui de reine des nuits.
ELLE – Quel est le plus grand défi de La Terrasse by Albane ?
Albane Cleret : C’est d’abord un défi technique. On transforme les 1 800 m² du toit du Marriott en un espace de réception, qui nécessite 30 jours de montage. Il faut, par ailleurs, le financer. J’ai la chance de pouvoir compter sur des partenaires historiques comme Dior, Messika, Moët & Chandon ou Meta. Cette année, la terrasse peut aussi compter sur Vanguart et Denza.
ELLE – Le moment où vous avez compris que le lieu allait marcher ?
Albane Cleret : Un jour, la presse a commencé à dire que j’étais devenue une marque, et que La Terrasse était une institution. C’est une reconnaissance très touchante, et sans doute la plus belle des récompenses.
ELLE – Quelles sont les personnalités les plus fidèles à votre lieu à Cannes ?
Albane Cleret : Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Pierre Niney, Isabelle Adjani, Juliette Binoche, Guillaume Canet… Les acteurs et les réalisateurs étrangers plébiscitent aussi ce lieu : Robert Pattinson, Cate Blanchett, Pedro Almodóvar, Pedro Pascal ou encore Martin Scorsese.
ELLE – Comment décririez-vous votre job à quelqu’un qui ne vous connaît pas ?
Albane Cleret : En dehors de Cannes, j’imagine et j’organise des événements dans les univers de la mode et du cinéma, notamment pendant les Fashion Weeks ou à l’occasion de lancements de produits. Je suis aussi agent d’image : je crée des passerelles entre des talents et des marques, j’initie des rencontres, je fais naître des collaborations. Au fond, mon métier consiste à connecter les bonnes personnes au bon moment.
ELLE – La qualité indispensable pour bien faire votre job ?
Albane Cleret : La pugnacité, sans hésiter. Et un vrai sens du détail.
ELLE – À quoi carburez-vous en travaillant ?
Albane Cleret : Les rencontres. J’ai grandi dans une maison où mes parents recevaient beaucoup, avec des invités venus d’horizons très différents. Ces dîners donnaient lieu à des conversations passionnées, parfois animées, toujours enrichissantes. C’est quelque chose qui m’a profondément marquée, et que je retrouve aujourd’hui dans mon travail : cette curiosité de l’autre, ce plaisir de créer du lien.
ELLE – Études supérieures ou école de la vie ?
Albane Cleret : L’école de la vie. Je n’étais pas très assidue sur les bancs de l’école. Dès l’adolescence, j’ai développé mon goût pour la mode. J’ai intégré quand j’étais jeune l’Institut Supérieur des Arts Appliqués, qui m’a permis de faire mes premières expériences dans des maisons de renom comme Christian Lacroix, Hermès et Stella Cadente.
ELLE – Le réseau social que vous utilisez le plus souvent ?
Albane Cleret : Je passe du temps sur Instagram pour dénicher des inspirations de décoration.
ELLE – 3 comptes Instagram qui vous inspirent ?
Albane Cleret : Je suis abonnée à beaucoup de comptes de décoration, avec un coup de cœur pour les tissus de la maison Lelièvre.
ELLE – Les 3 applis indispensables dans votre job ?
Albane Cleret : WhatsApp, pour échanger en permanence avec mes équipes et mes clients, c’est mon fil rouge au quotidien. G7, qui me permet de me déplacer rapidement entre deux rendez-vous à Paris, sans perdre de temps. Et Air France, indispensable dès que je m’évade, que ce soit pour le travail ou pour décrocher un peu.
ELLE – La personne à qui vous demandez le plus souvent conseil ?
Albane Cleret : J’essaie de me fier à mon instinct, tout en échangeant avec des personnes de milieux très différents pour avoir un regard nouveau.
ELLE – Le meilleur conseil que l’on vous ait donné ?
Albane Cleret : Se remettre en question perpétuellement et se challenger.
ELLE – Le défaut que vous avez réussi à dompter ?
Albane Cleret : Je m’énerve moins vite. J’avais tendance à déborder très vite, comme le lait sur le feu. Aujourd’hui, j’ai davantage de recul.
ELLE – Celui sur lequel vous devez encore travailler ?
Albane Cleret : La confiance en moi. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, je doute beaucoup. Et parfois, cela peut donner une impression de distance, voire de froideur, alors que c’est tout l’inverse.
ELLE – Votre premier geste au réveil ?
Albane Cleret : Je regarde l’heure car je ne mets jamais de réveil. Généralement, je suis debout entre 6 h et 7 h.
ELLE – Couche-tôt ou couche-tard ?
Albane Cleret : Couche-tôt.
ELLE – Sport ou no sport ?
Albane Cleret : Je suis une ancienne grande sportive, je compte bien m’y remettre.
ELLE – Le lieu de vacances qui vous ressource le plus ?
Albane Cleret : Mon cœur balance entre une île au soleil et un village dans l’arrière-pays du sud-est de la France.
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