Fondée en 2013 par Violette Polchi et Léo Dominguez, la maison de maroquinerie Léo et Violette s’est imposée à Paris avec de très beaux sacs en cuir fabriqués en Italie, sans logo apparent. Depuis le rebranding de 2022, la marque a affiné son identité autour d’une signature musicale et d’une palette resserrée, devenant l’une des griffes les plus désirables de sa catégorie.
En 2022, Violette Polchi quitte la scène lyrique après neuf ans à mener de front sa carrière de chanteuse et la direction artistique de Léo et Violette, la maison de maroquinerie qu’elle a fondée en 2013 avec son compagnon Léo Dominguez. Plutôt que de relancer la marque, Violette choisit de la réaccorder entièrement, de concert avec Léo : les lignes sont reprises, l’e-shop s’est refait une petite beauté, le packaging revu. Un basculement, plus que la genèse déjà bien connue de la marque, qui explique pourquoi Léo et Violette s’affirme désormais comme l’une des maisons les plus désirables de sa catégorie.

Courtesy of Léo et Violette
2022 et un virage à 180°C
Depuis la fondation de la maison en 2013, Violette partage son temps entre l’opéra et les shootings, toujours au courant des modèles mais rarement présente au quotidien. En 2022, Léo et Violette se consacrent tous les deux à 100 % à la marque, une implication commune qui transforme la nature même de la maison, portée par leur complicité et leur complémentarité. « Ma présence au quotidien aux côtés de Léo nous a permis d’avancer, de créer vraiment quelque chose sur mesure. La marque est devenue ainsi plus en adéquation avec les adultes que nous étions devenus. Lorsque nous avions fondés Léo et Violette, nous n’étions encore que de jeunes créateurs », explique-t-elle. Elle y apporte aussi un bagage qui n’a rien de commun dans le secteur : des références musicales et picturales, un père antiquaire, une pratique régulière de la peinture. Une matière riche et féconde que l’on retrouve directement dans le produit : le fermoir en forme de diapason décliné sur toute une ligne, une palette resserrée travaillée comme les teintes d’un même tableau.
© Anne Piqué
© Anne Piqué
© Anne Piqué
Des sacs pensés en mouvement et pour le mouvement
Le sac, loin d’être un it-bag décoratif est pensé pour accompagner concrètement le quotidien de celle qui le porte. D’ailleurs, c’est cette fonction « pratique » qui est au cœur de la marque puisque le tout premier modèle, Le Petit Cartable, est né en 2013 du besoin de Léo, alors vendeur chez Apple, de transporter son ordinateur et ses affaires sans que tout se heurte à l’intérieur, un projet que Violette a dessiné avant qu’ils ne le lancent ensemble sur Kickstarter. Rien (ou si peu) n’a changé depuis ce premier patron. « On crée ces sacs pour des femmes qui sont en mouvement, on veut que le sac puisse suivre cette femme du matin au soir, qu’elle puisse le mettre dans le métro comme à une soirée », résume Violette.
Cette exigence se retrouve ainsi dans un nombre restreint de lignes : Le Marcia et Le Soft Laurence en cuir nappa ou suédé, Le Duo Lock et sa version shopper, Le Gina décliné en tote et en mini, Le Nova en veau pleine fleur avec sa découpe graphique sur le rabat. Chaque modèle porte un prénom, comme la marque elle-même, qui porte celui de ses fondateurs.
Le fermoir en forme de diapason, décliné sur toute une ligne, et le Duologue, son système à deux petites barrettes qui bougent exactement en même temps sous la pression, viennent directement du processus créatif de Violette. Elle raconte travailler en écoutant un même morceau « en boucle jusqu’à épuisement », jusqu’à un état qu’elle décrit comme proche de la transe, pour en tirer des couleurs et des images avant de les poser sur un moodboard.
Cette même logique a infusé une très belle collaboration avec Théâtre des Champs-Élysées, un lieu fondamental pour Violette. Lorsqu’elle y a chanté pour la première fois, elle n’avait que 9 ans. C’est dire la symbolique qui entoure cette collab’. D’ailleurs, le sac imaginé pour l’occasion reprend la coupole du plafond de la salle, la porte qui mène aux loges, et un petit diapason posé sur le fermoir.
© Anne Piqué
Courtesy of Léo et Violette
Naples et Rome : treize années de fidélité
Chacune des pièces Léo et Violette est façonnée dans un atelier familial situé au sud de Naples, fondé dans les années 1980, partenaire de la maison depuis ses débuts. Un second atelier, près de Rome, complète la production. « Pour nous, l’Italie, c’est le savoir-faire. C’était naturel de se diriger vers un artisanat d’art ancestral, familial : c’est une famille qui travaille pour nous, il y a encore le papa qui est là, qui doit avoir plus de 80 ans, et qui continue à travailler avec ses fils pour leur léguer les gestes. Tous nos cuirs sont sourcés en Italie », raconte violette. Les cuirs sont sourcés dans les mêmes tanneries italiennes, et les finitions métalliques, en PVD, achèvent une fabrication pensée comme un artisanat familial.
No logo since 2013
Léo et Violette n’appose aucun logo sur ses créations : le choix a été fait dès la fondation de la marque. « On n’aimait pas avoir des logos sur nos vêtements à l’époque. C’était pourtant la mode quand on a commencé. Des sacs sans logo, mais que l’on puisse reconnaître : voilà ce qu’on voulait, et surtout que ce soit chic. Imposer un gros logo n’avait pas de sens à nos yeux : cela se démode vite. En revanche, une pièce sans logo peut traverser toutes les époques. Un peu comme les pièces quiet luxury qui ne bougent jamais dans un vestiaire, qui trouvent leur place à n’importe quel moment de la journée et qui subliment celle qui les porte. C’est exactement ce que nous voulions faire », raconte Violette. Le résultat, à l’usage, est une allure qui ne date jamais. Posséder un Léo et Violette, c’est afficher un goût personnel.

Courtesy of Léo et Violette
La palette suit la même logique. Les coloris sont resserrés, un kaki profond, un bordeaux sublime, un bleu nuit dans les collections les plus récentes, pensés comme les teintes d’un même tableau. « On sait quand on voit nos produits, tout se répond, chaque couleur répond à une autre, il n’y a pas de pop de couleur », résume Violette. Un choix fort, qui construit un vestiaire cohérent, reconnaissable d’un sac à l’autre.
Deux adresses, une seule allure
La maison a ouvert son premier magasin rue Sainte-Anne, dans le er arrondissement, avant d’inaugurer récemment une seconde adresse au 56 rue Bonaparte, en plein Saint-Germain-des-Prés. Une manière franchement assumée d’occuper les deux rives, entre le Palais-Royal et la rive gauche. Un sound-system sur mesure accompagne l’expérience dans les deux boutiques, fidèle à l’empreinte musicale de la marque.
© Ludovic Balay
© Ludovic Balay
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