L’hôtel Le Royal accueille la huitième édition de la Luxembourg Fashion Week sous le thème « No Limits », ce samedi 17 octobre. Entre engagement sociétal, upcycling et transmission culturelle, treize créatrices et designers d’exception repoussent les frontières de la mode.

Le trac comme l’excitation vont gagner les designers au moment de dévoiler l’aboutissement de leur travail. Fabiola Puga, fondatrice et directrice de la Luxembourg Fashion Week, sera particulièrement traversée par ces sentiments, puisqu’elle présente pour la première fois une création très personnelle, « née de souvenirs et d’émotions », intitulée Silence. 

Surprendre et bousculer les codes

Depuis longtemps, la mode n’est plus qu’une affaire de vêtements dont on change au gré des saisons : elle revêt une dimension toujours plus sociétale. Elle traduit une manière de s’exprimer, de raconter une histoire et de porter un message. Sans jamais freiner l’imagination. « Parce que la mode ne devrait pas avoir de limite. Elle est là pour surprendre, rassembler, faire passer des émotions et parfois même bousculer les codes », estime Fabiola Puga.

Toutes les créatrices ont justement en commun de dicter leurs propres codes. À l’instar de Kani (Manikani, Belgique) qui partage sa vision d’une mode libre et authentique, pensée pour affirmer sa personnalité avec élégance et originalité. Quand Jona Hoffmann (Silbernadel Couture, Allemagne) célèbre l’individualité, la force et la confiance de chaque femme, sans imposer un idéal de beauté. Tout comme Camila Banegas Espada (ALIMAC, Espagne), qui revendique une mode non genrée et affranchie des conventions. Designer de lingerie, Judith Gómez (Ana Loyarte, Argentine) joue quant à elle sur des transparences délicates, des dentelles raffinées… Un univers où les sous-vêtements dépassent leur dimension intime. Notons également la démarche de Valérie Gilson (Gilson V Couture, Belgique) à la croisée de l’upcycling et de la couture, à partir de pièces vintage et de costumes masculins. 

Kani ©DR

« Mémoire en fil » : l’héritage textile dans le design social

La créativité luxembourgeoise est bien entendu mise à l’honneur. À commencer par « Mémoire en fil – Costumes d’hier, identités d’aujourd’hui ». Un programme interculturel et participatif inscrit dans le champ du design social, conçu par Tatiana Bifouri, artiste-chercheuse transdisciplinaire et designer. Dans ce projet, auquel participent Fabiola Puga, Imen Charfi et Giovanna Scardino, le textile se fait « langage et médium ». À travers le geste et la matière, les créatrices convoquent leur identité, leur mémoire et leur héritage culturel dans un processus de réappropriation et de transmission.

Lire aussi : « Mémoire en Fil » Tatiana Bifouri : au Luxembourg, une installation textile explore la mémoire, l’identité et la transmission

NŒMS : la nouvelle signature montante

Noémie Kugener est une nouvelle signature créative, portée par une jeune génération qui repousse les frontières de la mode. Passionnée d’art et de design, son parcours est marqué par une expérience au sein du prestigieux label berlinois Haderlump, où elle a contribué à une collection lors de la Berlin Fashion Week. En juillet dernier, Noémie Kugener a ouvert son atelier et lancé son propre label, NŒMS. Sa première collection revisite des influences historiques et des éléments de l’artisanat traditionnel dans un langage visuel contemporain. 

Color by Naz : de l’art à porter

Artiste-designer et fondatrice de Color by Naz, Nancy Schroeder-Zwank, plus connue sous le nom de NAZ, évolue entre l’art, le design et la mode. « Je peins les émotions », dit-elle, pour résumer son travail invitant à découvrir sa propre histoire à la faveur des couleurs, des formes et des textures. NAZ n’hésite pas à sortir l’art des espaces d’exposition pour l’intégrer au quotidien. Ses œuvres deviennent ainsi de l’art à porter, prenant corps sur des vêtements ou des objets de design. « Chaque pièce est une véritable toile en mouvement », aime-t-elle à penser. 

NAZ ©DR

Rasha Sawas : la rencontre entre mode, body painting et Orient

Architecte, body painter et créatrice depuis plus de 30 ans, Rasha Sawas fait dialoguer l’art contemporain avec la richesse culturelle de l’Orient. Ses créations sont une ode à la liberté et à l’humanité. Son geste laisse une empreinte sur les matières qui évoluent au gré du mouvement. Rasha Sawas fait du corps une œuvre, de la matière une mémoire et de chaque trace le point de départ d’une nouvelle histoire.

Rasha Sawas ©DR

SEALIAH : le savoir-faire de la soie au cœur d’une collection capsule

Grande première à la fashion week luxembourgeoise pour Sabine Lehot. Fondatrice de Tohora, elle parcourt le monde à la recherche de soies rares et d’étoffes précieuses tissées à la main. Tandis qu’Eriselda Hoxha, couturière depuis plus de 25 ans, les sublime. Leur collaboration a donné naissance à SEALIAH, une capsule Automne/Hiver 2026 inspirée par le savoir-faire ancestral du tissage indien et l’audace des sixties. Une collection où « la matière devient art, le savoir-faire devient émotion et chaque création raconte une histoire ».

SEALIAH ©DR

À partir de 17h30 à l’hôtel Le Royal, 12 boulevard Royal à Luxembourg.

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