Pour le printemps-été 2027, Nicolas Ghesquière signe sa collection la plus aérienne et la plus fluide depuis des années.
Depuis qu’il dirige les collections femme de Louis Vuitton, Nicolas Ghesquière n’a jamais caché sa fascination pour le futur. Ses défilés interrogent souvent la garde-robe des décennies à venir : quelles silhouettes, quelles matières voudrons-nous porter dans trente ans ? Les accessoires auront-ils encore un sens en 2050 ? Pour le printemps-été 2027, pourtant, le créateur a pris le contre-pied de ses habitudes.
Cette saison, il a choisi d’aborder l’avenir autrement, même si le décor ne le laissait pas deviner. Dans la Cour Carrée du Louvre, le podium prenait des airs de route, survolée par des prismes de métal évoquant des voitures volantes. La saison dernière, une scénographie de sommets géométriques couverts d’herbe annonçait une collection inspirée des peuples de montagne du monde entier. On pouvait donc s’attendre, face à cette mise en scène tout droit sortie de Blade Runner, à un vestiaire dominé par le métal, les tissus techniques et les silhouettes strictes et structurées.
C’est tout l’inverse qui s’est produit. Le défilé s’ouvre sur un trio de robes blanches légères, à hauteur de genou, dont la gaze flotte autour des mannequins, en contraste saisissant avec les lignes acérées des voitures volantes. Au septième passage, on en viendrait presque à ne plus reconnaître Ghesquière. Mais dès le huitième, il renoue avec son rétrofuturisme de prédilection : une longue veste sans col et un pantalon slim assorti, dans un gris argenté, accompagnés de lunettes façon aviateur et d’un ras-du-cou argenté. Ces lignes nettes se prolongent le temps d’une séquence consacrée aux vestes courtes et carrées et aux pantalons droits, avant que la collection ne retrouve la légèreté vaporeuse de ses débuts.
Un ensemble caraco et jupe imprimés, recouvert d’un voile de gaze et terminé par un ourlet tubulaire, séduit par sa fluidité et son originalité. Quelques robes droites se parent d’appliqués en losanges disposés en motif argyle, qui virevoltent au rythme des pas. Les jupes se superposent à des pantalons taillés dans la même matière fine et près du corps, tandis que les lavallières et les ourlets asymétriques flottent dans le sillage des mannequins. Côté accessoires, de drôles de petites coiffes métalliques à franges tombent juste au-dessus des yeux, et des lunettes de soleil inspirées des masques de course automobile déclinent leurs verres teintés de brun, d’orange et de rose.
Avec cette collection, Nicolas Ghesquière pense toujours au futur (il ne cesse jamais de le faire), mais plutôt que de théoriser sur ce à quoi il pourrait ressembler, il propose un vestiaire optimiste, pratique pour aujourd’hui, et prêt à nous suivre partout où ces voitures volantes voudront bien nous emmener.
Article initialement publié sur elle.com.au
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Je suis journaliste mode et je vous emmène dans les coulisses des ateliers Chanel