À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Gillian Anderson prête sa voix à une nouvelle ” Lesson of Worth “, la série de L’Oréal Paris, et signe un plaidoyer contre l’âgisme.
Dans cette vidéo, Gillian Anderson tente de parler à une caméra qui la fuit. Elle l’appelle, la cherche, la rattrape. C’est l’image d’ouverture de sa « Lesson of Worth », la série lancée par L’Oréal Paris en 2020, où des figures comme Viola Davis, Jane Fonda ou Helen Mirren traduisent, chacune à leur manière, le puissant slogan « Je le vaux bien ». La scène pourrait prêter à sourire si elle n’était pas aussi familière. « Il semblerait que les femmes de plus de 50 ans disparaissent », lance-t-elle. Les chiffres lui donnent raison. Selon le rapport Cinégalités du Collectif 50/50 publié en 2022, la présence des personnages féminins à l’écran chute de 51 % entre 20 et 34 ans à seulement 12 % entre 50 et 54 ans. Et ce qui est vrai à l’écran l’est ailleurs : 70 % des femmes pensent qu’elles deviennent invisibles avec l’âge*. À 57 ans, l’interprète de Dana Scully dans « X-Files » et de Margaret Thatcher dans « The Crown » refuse ce scénario.
« Le plus grand mensonge, c’est qu’on devrait arrêter d’essayer »
Pour elle, l’âgisme ne se joue pas seulement sur les écrans, mais dans les imaginaires – et d’abord dans celui des femmes elles-mêmes. En France, 47 % d’entre elles déclarent avoir peur de vieillir, selon une enquête menée en 2023 par la Fondation des Femmes et la Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale, une crainte largement nourrie par l’absence de modèles. « Le plus grand mensonge, c’est qu’une femme de plus de cinquante ans devrait arrêter d’essayer. Qu’elle ne devrait plus tomber amoureuse, lancer un projet ou poursuivre ses rêves, explique-t-elle. En réalité, c’est souvent à cet âge qu’on se sent le plus aligné. » Moins d’angoisses, moins de concessions, davantage de clarté. Gillian Anderson affirme ne s’être « jamais sentie aussi vivante ». Un sentiment partagé : selon une étude IFOP, 54 % des Françaises de plus de 50 ans se disent aujourd’hui plus épanouies qu’à 25 ans.
Refuser d’être hors-champ
Au-delà des représentations, il y a une réalité sociale. D’après le 17ᵉ baromètre des discriminations du Défenseur des droits, publié en décembre 2024, un travailleur de plus de cinquante ans sur quatre déclare avoir été victime de discrimination, l’âge étant le premier motif invoqué à l’embauche. « Quand on participe à la discrimination liée à l’âge, on oublie qu’elle finira par nous concerner », souligne l’actrice. Aux femmes plus jeunes, déjà angoissées par le vieillissement – et elles sont nombreuses, dans une culture qui monétise la peur de l’âge avant même qu’on l’atteigne -, elle adresse un message : « Assumer son âge, c’est refuser de disparaître. »
*Kantar, Changing the Age Narrative, 2023 / L’Oréal France, Profiling Seniors, 2024

©Launchmetrics Spotlight
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