Des huiles intimes sensuelles, des lubrifiants hydratants, des sextoys doux et design… La beauté s’aventure désormais sur le terrain du plaisir.

Loin d’un énième ressort marketing, cette alliance du care et de l’érotisme traduit une révolution culturelle : un nouveau rapport au corps plus apaisé, plus conscientisé et surtout déculpabilisé.

Longtemps, le plaisir féminin a été un continent invisible

Le corps des femmes, étudié, disséqué, commenté, exposé – à l’instar des Vénus anatomiques, ces corps de femmes, à taille réelle ou presque, langoureusement allongées sur le dos, l’air endormies, ornées de vrais cheveux et poils et dont le thorax et l’abdomen s’ouvrent pour laisser voir tous les organes (entièrement amovibles), dont un fœtus dans ses premiers mois de vie – a pourtant été oublié dans sa dimension la plus intime.

Il aura fallu attendre l’année 1998 pour que le clitoris soit enfin représenté dans son intégralité dans les manuels d’anatomie. Et avec lui, tout un symbole : celui d’une société qui a longtemps pensé le plaisir au masculin et réduit la sexualité féminine à la reproduction ou au fantasme.

« Le boom du sexo-féminisme, pour moi, c’est une conséquence naturelle du mouvement MeToo. Avant de pouvoir prendre du plaisir, il faut d’abord savoir dire non. Une fois qu’on a dit non, qu’on a posé ses limites, alors on peut enfin se réapproprier son plaisir ». Quand Lucie Solal, fondatrice de la marque Bouche Bée, évoque ainsi la transformation du rapport des femmes à leur sexualité, elle ne parle pas d’un effet de mode mais d’un basculement culturel. Dans son sillage, une nouvelle génération de marques et de créatrices place le plaisir au cœur du soin, comme une forme d’empowerment intime et de réparation joyeuse.

Lucie Solal parle de « routine plaisir » avec le même naturel qu’une routine beauté. « On parle beaucoup de skincare, mais très peu de ce que j’appelle la routine plaisir. Pourtant, les deux participent d’un même élan : se reconnecter à soi, hydrater, apaiser, sentir ». Bouche Bée approche la notion de désir comme un rituel sensoriel : un lubrifiant à l’acide hyaluronique qui hydrate, un galet vibrant en forme de nuage tout doux, des compléments pour soutenir la libido… Le plaisir est traité comme un soin à part entière.

Des sextoys phalliques à l’érotisme bienveillant

Pendant des décennies, l’univers du plaisir féminin a été conçu… pour les hommes. Eh oui ! Des sextoys qui reproduisent des codes phalliques, des lubrifiants qui sentent le chewing-gum ou la fraise et les packagings noir et rouge, soi-disant sexy. L’imaginaire du porno, très présent, imposait une idée de la performance et de la disponibilité plutôt que du ressenti.

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Désormais, ce paysage change radicalement. Des marques comme Womanizer ont bouleversé les codes avec des produits qui respectent l’anatomie et la physiologie féminine : leur technologie de stimulation sans contact a démocratisé une forme de plaisir jusque-là peu représentée. Sur les réseaux, des espaces comme le Jouissance Club rééduquent à la connaissance du corps et du consentement, avec un ton à la fois ludique et pédagogique.

De fait, c’est une nouvelle révolution : celle d’un plaisir décomplexé, pensé par les femmes et pour elles. Lucie Solal, elle, parle d’un érotisme « chic et bienveillant ». Loin des discours de performance, sa marque s’adresse à toutes les femmes : celles qui découvrent leur corps, celles qui renouent avec leur sensualité après une maternité ou une maladie, celles qui veulent simplement se faire du bien. « Le vrai glow vient d’un orgasme plus que d’une crème », glisse-t-elle en souriant. Une phrase qui résume à elle seule cette génération de marques : le plaisir fait résolument partie d’une approche globale du bien-être.

Le plaisir, nouvel actif beauté

Si l’idée peut surprendre, elle s’appuie sur des faits bien réels. Les hormones du plaisir (endorphines, dopamine, ocytocine) participent à la régulation du stress, du sommeil et de la circulation sanguine. Résultat : la peau est plus lumineuse, la détente musculaire accrue et le système immunitaire renforcé. Ce que la cosmétique promet par la chimie, le corps peut le produire naturellement, à condition qu’il se sente écouté.

Lucie Solal regrette que l’érotisme ait longtemps été coupé de l’esthétique : « On a séparé le soin du désir, comme si le corps devait être fonctionnel, mais pas vibrant. L’érotisme, c’est aussi de la beauté. Il relie Éros, l’amour, la sensualité et l’esthétique ». Dans cette vision, la beauté est reliée à l’énergie d’un corps qui s’habite pleinement.

La médecine au service du désir

Ainsi, au Luxembourg, cette philosophie inspire la Dr Violeta Claus, fondatrice de VO Aesthetics. Son programme « Afrodite » conjugue soin médical, reconnexion émotionnelle et régénération intime. « Nous aidons les femmes à restaurer confort, fonction et vitalité, à se sentir à nouveau chez elles dans leur corps. Redécouvrir la confiance, la sensualité, le sentiment d’être entière ».

Le traitement active les processus régénératifs du corps sans hormones ni chirurgie. « Notre santé intime est liée à l’estime de soi, aux relations, à la qualité de vie. En rétablissant le confort et la sensation, on voit souvent éclore une nouvelle confiance sensuelle », explique la Dr Violeta Claus.

Le soin est dispensé par une sage-femme : « elle apporte cette alliance entre compétence médicale et bienveillance et crée un espace d’empathie et de confiance, essentiels pour aborder un sujet aussi intime ».

Pour Violeta Claus, l’enjeu est de redonner aux femmes le droit d’être pleinement vivantes. « Nous redéfinissons le mot ‘réjuvénation’ : il ne s’agit pas de corriger, mais d’honorer son histoire. Le plaisir est un droit, pas une concession ».

Vers un érotisme déconstruit

Finalement, cette revalorisation du plaisir dépasse la simple esthétique. Elle inclut toutes les femmes : celles en période de ménopause, celles qui ont traversé la maladie, celles qui ne veulent plus que la sexualité soit synonyme de performance. La série Dying for Sex, portée par Michelle Williams, illustre ce mouvement : une femme atteinte d’un cancer qui choisit d’explorer sa sensualité comme une affirmation de vie pointant la pression invisible qui pèse encore sur la sexualité féminine.

Derrière cette phrase, une bascule s’opère : on passe d’une logique de performance à une logique d’écoute au cœur de laquelle le plaisir devient un indicateur de justesse et non un objectif à atteindre.

Notre sélection intime 100 % plaisir

 

1

Duo Rééquilibrage Love

We Are Circles

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We Are Circles, Duo Rééquilibrage Love, deux élixirs botaniques pour apaiser, réchauffer et reconnecter.

2

Bouche Bée

Lube

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Bouche Bée, Lube, un lubrifiant à l’acide hyaluronique qui hydrate et respecte la flore intime.

3

Agent Nateur

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Agent Nateur, Holi(sex), une huile intime, clean et soyeuse qui mêle soin et sensualité.

4

Mantle

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Mantle, The Pussy Smooch, un baume apaisant et réparateur post-épilation ou rapport.

5

Womanizer

Premium 2

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Womanizer Premium 2, l’icône du plaisir féminin sans contact, symbole de libération douce.

6

Bouche Bée

Nuée

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Bouche Bée, Nuée Galet Vibrant, un bijou technologique au design discret, pour explorer le toucher autrement.

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