À l’approche de l’été, Instagram se remplit de gélules « brûle-graisse », poudres au collagène, cures et autres compléments alimentaires censés transformer la peau ou la silhouette en quelques semaines. Avant/après spectaculaires, ventre « dégonflé » en quinze jours, promesses de peau « repulpée et lissée, zéro cellulite à la clé » : les arguments marketing se multiplient, souvent sans réelle explication sur les dosages, les études ou les limites des produits.
Face à ce marché devenu extrêmement concurrentiel, certaines marques cherchent désormais à détailler davantage leurs formulations, leurs tests et leurs précautions d’usage. Une évolution qui révèle aussi ce qu’il faut réellement regarder avant d’acheter un complément alimentaire.
Spoiler : la formule « magique » n’existe pas
Le premier signal d’alerte reste souvent le même : des résultats présentés comme ultra rapides, automatiques, voire spectaculaires. Dans le secteur du complément alimentaire, les formulations les plus sérieuses parlent généralement d’effets progressifs, observés sur plusieurs semaines, et rappellent qu’aucune cure ne remplace une alimentation équilibrée, du sommeil ou une activité physique régulière. « Un complément alimentaire va, souvent, être mis en avant lorsqu’il y aura un influenceur qui va le proposer. On le ressent directement sur les gens qui s’intéressent aux compléments alimentaires. Mais il ne faut pas oublier qu’un complément alimentaire, ça reste un domaine santé. Il faut avoir une certaine expertise », explique Manon Kimmel du Comptoir de la Santé au Luxembourg.
Au sujet de la cure Boost Metabolisme, best-seller de la marque, la team scientifique Epycure est formelle : « C’est une cure qui agit de manière progressive sur le corps, il n’y a pas de promesses irréalistes ». Le changement est aussi réglementaire. En Europe, les allégations de santé sont strictement encadrées et de nombreuses formulations marketing utilisées il y a encore quelques années sont aujourd’hui surveillées de beaucoup plus près.
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Ce qu’il faut vraiment regarder dans une formule
Longtemps, le consommateur regardait surtout le nom de l’actif star : collagène, chrome, acide hyaluronique, probiotiques, ashwagandha. Désormais, le dosage et la qualité de l’ingrédient priment avant toute chose.
Deux produits contenant le même actif peuvent ainsi avoir des concentrations totalement différentes. Certaines marques détaillent désormais précisément les quantités utilisées, les études scientifiques sur lesquelles elles s’appuient ou encore l’origine des matières premières.
« Les dosages utilisés sont alignés avec ceux mis en évidence dans les études cliniques, afin de garantir une efficacité optimale tout en assurant la sécurité du consommateur », explique l’équipe Epycure. La marque insiste également sur la logique de « synergie » entre les ingrédients, avec des actifs agissant sur différents mécanismes physiologiques. Manon Kimmel prévient : « Il faut être prudent sur l’efficacité des produits mono-actif. Le collagène a besoin de cofacteurs tels que la vitamine C, ainsi qu’une synergie avec d’autres actifs comme l’acide hyaluronique qui potentialisent ses effets dermatologiques. Sa biodisponibilité dépend également de la taille de ses peptides : plus ils sont petits, idéalement inférieurs à 2 000 Daltons, plus leur assimilation est élevée ».
La traçabilité devient également centrale : contrôles des métaux lourds, pesticides, solvants résiduels, numéros de lots, fournisseurs identifiés. « Chaque ingrédient est identifié par un numéro de lot et rattaché à un fournisseur unique, garantissant ainsi une traçabilité complète », précise de son côté Epycure.
« Naturel » ne veut pas toujours dire meilleur
Si le terme est partout, dans les formulations nutritionnelles, « naturel » n’est pas forcément synonyme d’efficacité supérieure. Chez Epycure, la vitamine C et la vitamine B6 de la Cure Peau Repulpée sont ainsi utilisées sous forme synthétique, jugée plus concentrée et plus stable. Même logique pour le chrome et la choline du Boost Métabolisme, retenus sous cette forme pour permettre une prise en un seul comprimé par jour. « Il vaut mieux prendre une vitamine un peu travaillée et l’absorber correctement plutôt que de la prendre 100 % naturelle et de ne pas beaucoup l’absorber », renchérit Manon Kimmel.
La question de la galénique (comprenez : poudre, gélule, comprimé ou gummy) est également devenue centrale dans le secteur, notamment en ce qui concerne le collagène, sans doute l’une des cures les plus plébiscitées ces dernières années. Ainsi, certaines marques défendent la poudre comme seule forme réellement efficace, car de nombreux collagènes marins ou bovins nécessitent plusieurs grammes quotidiens pour obtenir des effets visibles. Epycure a fait un autre choix en privilégiant un collagène issu de membrane de coquille d’œuf. « La membrane de coquille d’œuf se distingue car la dose efficace se situe autour de 300 mg par jour, ce qui peut être facilement contenu dans deux gélules », explique la marque. Derrière ces formats très marketing, le sujet est donc surtout une question de concentration, de biodisponibilité et de facilité d’usage.
Études cliniques, tests d’usage : que faut-il en déduire ?
C’est sûrement la zone la plus floue pour les consommateurs. Beaucoup pensent qu’un complément alimentaire a forcément été testé cliniquement dans sa version finale. La réalité est moins rose, car peu de marques disposent des moyens nécessaires pour mener de grandes études indépendantes sur chaque formule.
Le fonctionnement le plus fréquent consiste à s’appuyer sur des actifs déjà étudiés scientifiquement, puis à réaliser des tests d’usage auprès de communautés de consommateurs : questionnaires, suivi de plusieurs semaines, photos avant/après, ressenti utilisateur.
« Les études cliniques sont des protocoles très encadrés, menés sur des populations larges et sur plusieurs mois, avec groupes placebo, double aveugle, mesures biologiques… Pour une petite structure comme la nôtre, ce n’est pas réaliste à chaque nouvelle formule », reconnaît Epycure sans langue de bois. La marque indique ainsi avoir mené « une vingtaine de tests sur plus de 500 personnes », avec une trentaine de testeurs par produit. Une méthode qui permet d’obtenir des retours en conditions réelles, mais qui présente aussi ses limites : petits panels, absence de placebo, auto-évaluation, profils variables selon les participants.
Le secteur évolue ainsi dans un entre-deux permanent : suffisamment scientifique pour devoir documenter ses promesses, mais encore très éloigné des standards du médicament.
Reminder : la prise de complément alimentaire n’est jamais anodine
Autre évolution notable dans le secteur : les marques parlent davantage (et enfin) des limites et des interactions possibles. Caféine, plantes stimulantes, vitamines cumulées, minéraux déjà présents dans d’autres cures, contre-indications pendant la grossesse, incompatibilités avec certains traitements : les précautions d’emploi prennent aujourd’hui une place beaucoup plus importante qu’auparavant. « Nous indiquons systématiquement les précautions d’emploi : populations pour lesquelles la prise est déconseillée ou encore les cas d’incompatibilité avec un traitement médical ou un autre complément contenant le même ingrédient actif », explique Epycure.
Les risques de surdosage liés à l’accumulation de plusieurs compléments deviennent également un vrai sujet, notamment sur les cures « beauté », « énergie » ou « métabolisme » souvent prises simultanément.
Une industrie observée de toutes parts
Fort de son succès, le marché du complément alimentaire s’est heureusement considérablement professionnalisé ces dernières années. Et les consommateurs plus éduquées : ils ne regardent plus seulement les promesses affichées sur une publicité Instagram ou un avant/après viral. Ils demandent désormais des explications : d’où viennent les ingrédients, à quels dosages sont-ils utilisés, quelles études existent réellement, quels effets sont observés ; et dans quelles limites.
Une évolution qui pousse progressivement les marques à détailler davantage leurs formulations, leurs méthodes de test et leurs précautions d’usage. « Cette double approche, rigueur scientifique et retours d’expérience concrets, nous permet de garantir que les effets que nous revendiquons sont à la fois prouvés par la science et confirmés par nos utilisateurs », résume Epycure.
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