En juillet, le Luxembourg se vide un peu et se détend beaucoup. Les soirées sont longues, les terrasses débordent, et la programmation, à grand renfort de concerts en plein air, d’expos, de théâtre et de festivals, tient largement la promesse du mois. À vos agendas.
Les événements à ne pas manquer en juillet au Luxembourg
Concerts, danse, expos, conférences : voici notre sélection des rendez-vous qui ont retenu toute notre attention ce mois-ci.
(Anniversaire) Du 1er au 5 juillet : Le Mudam fête ses 20 ans
Vingt ans. Le Mudam les célèbre avec une semaine d’entrée gratuite et une programmation dense, du mercredi au dimanche, qui donne au musée une allure de fête ouverte plutôt que de commémoration officielle.
Le mercredi ouvre avec des visites curatoriales – dont une consacrée à l’exposition Simon Fujiwara – et un quiz culture-écologie organisé par CELL. Le jeudi bascule vers la discussion avec une table ronde sur la notion de collectif dans l’art contemporain, organisée en partenariat avec le Casino Luxembourg. Le vendredi est la grande soirée : de midi jusqu’à 1h du matin, le musée enchaîne talks d’artistes, DJ sets et performances live, avec notamment un set audiovisuel d’Alva Noto (Carsten Nicolai) à 22h et un set de clôture de Courtesy jusqu’à 1h, deux références majeures de la scène électronique expérimentale internationale. Marco Godinho propose par ailleurs une performance participative autour du tatouage, dans le cadre de son projet Forever Immigrant. Le samedi est dédié aux familles, avec ateliers, visites guidées par des enfants et une performance de marionnettes imaginant le musée du futur. Le dimanche enfin propose des visites guidées et une conversation sur la vie cachée des réserves du musée.
Entrée gratuite toute la semaine, sans réservation pour la plupart des activités.
Lire aussi : Pourquoi faut-il aller voir l’exposition consacrée à Igshaan Adams au Mudam Luxembourg ?
(Conférence) Le 2 juillet : Les femmes importantes au Luxembourg, à Sandweiler
La Commission de la Culture de la Commune de Sandweiler invite à une conférence présentée par Corinne Kohl-Crouzet, autrice et conférencière. À travers des récits concrets, elle retrace les destins de femmes qui ont marqué l’histoire du Luxembourg et leur impact sur le patrimoine et la société. La conférence se déroule en français, avec traduction en luxembourgeois assurée par l’ASTI. À 19h.
(Concert) Le 3 juillet : Moby, à Neimënster (open air)

Courtesy of Den Atelier
Après avoir célébré les 25 ans de Play, soit l’album qui a redéfini la musique électronique grand public à la fin des années 1990 et qui reste l’un des disques les plus vendus de l’histoire du genre, en 2024, Moby repart en tournée avec un live revu et renforcé. Le concert se tient en plein air dans la cour de neimënster, ancien couvent bénédictin reconverti en centre culturel : un cadre qui devrait servir particulièrement bien l’univers sonore de l’artiste. Textures ambiantes, rythmiques rave, voix soul, visuels immersifs, et une setlist qui ira probablement chercher bien au-delà des seuls Porcelain et Natural Blues.
(Conférence) Le 4 juillet : De la périménopause à la postménopause, à la Bibliothèque CID | Fraen an Gender
La conférence est animée par Diane Elsen, coach en ménopause et vice-présidente de Lëtz Ménopause. Bouffées de chaleur, troubles du sommeil, impact professionnel : les symptômes restent trop souvent mal compris, y compris dans les environnements de travail. La soirée inclut une visite guidée de l’exposition It’s Going On au Musée de la Ville de Luxembourg, un format double qui a du sens, et qui s’inscrit dans une démarche de déstigmatisation d’une réalité médicale qui concerne directement un tiers à la moitié de la vie des femmes.
(Concert en plein air) Le 4 juillet : Bella Notte – Puccini & Verdi, au Kinnekswiss

©Eric Engel
La Philharmonie Luxembourg retrouve au Kinnekswiss pour son concert d’été gratuit et en plein air. La soprano Sonya Yoncheva et le ténor Vittorio Grigolo interprètent une sélection d’airs du répertoire italien (Puccini, Verdi), sous la direction de Martin Rajna, futur directeur musical de l’orchestre. Le format pique-nique sous les étoiles reste l’un des rares moments où la musique classique luxembourgeoise touche vraiment un public très large. Début à 21h.
(Party) Le 4 juillet : End of Season Party, à la Philharmonie
Dans la foulée du concert de Kinnekswiss, le Foyer de la Philharmonie se transforme en grande piste de danse avec Kölsch, Fonclair, Alicia Hahn et charli/e. Kölsch est une référence de la scène techno internationale — Berghain, Tomorrowland. La soirée est organisée avec Ultraschall Collective, qui propose un apéritif dès 18h sur les marches de la Philharmonie. Début à 22h.
(Théâtre) Le 4 juillet : Peggy Lee Cooper – biopig, au Grand Théâtre

Courtesy of Theâtres de la Ville de Luxembourg / ©Sat Jam
Sortie de résidence dans le cadre des Samedis aux Théâtres, organisée en collaboration avec Rosa Lëtzebuerg. Peggy Lee Cooper y raconte sa propre trajectoire , de son enfance jusqu’à la construction de son personnage de vedette mondialement connue (en Belgique), avec beaucoup d’humour et peu de pudeur. Le beau, le sale, le tragique, le comique, les clubs et spectacles des années 90, la drogue, l’autisme, les personnalités qui ont croisé sa route : elle balance tout. La mise en scène est signée Sarah-Louise Young.
(Danse) Le 6 juillet : Swing Social Dance, aux Rotondes
Swing Dance Luxembourg investit le Klub des Rotondes pour une soirée gratuite, de 19h à 23h. Un cours découverte pour débutants ouvre la danse de 19h30 à 20h30. Pas besoin de partenaire, pas besoin de savoir danser. Une fois bien échauffés, la social dance prend le relais jusqu’à 23h.
(Book Club) Le 8 juillet : Literary Baddies Book Club, aux Rotondes
Ce mois-ci, le Literary Baddies Book Club s’attaque à This Is How You Lose the Time War d’Amal El-Mohtar et Max Gladstone, roman épistolaire sur deux agentes ennemies qui se laissent des messages dans les os du monde, à travers toute l’histoire de l’humanité. La discussion portera sur leur vision de ce que signifie être vraiment, élégamment dangereuse, et sur la question de savoir si la chose la plus subversive qu’on puisse faire est de se laisser connaître. Tout le monde est bienvenu, que l’on ait terminé le livre ou non. Spoilers garantis.
(Théâtre participatif) Les 10 et 11 juillet : PATE, à l’Escher Theater
Le Petit Atelier Théâtre Esch présente le spectacle qu’il a co-construit tout au long de l’année scolaire avec les jeunes d’Esch-sur-Alzette, sous la direction artistique de Saïf Eddine Settif. Chaque édition de PATE est une création originale, menée sur une année à travers des ateliers hebdomadaires mêlant théâtre, danse, chant, musique et arts du cirque. Ce qui se passe sur scène les 10 et 11 juillet est donc le résultat de ce travail collectif.
(Concert) Le 11 juillet : Keziah Jones, au Casino 2000

Courtesy of Casino 2000
Né à Lagos, formé dans les clubs de Londres et les rues de Paris, Keziah Jones a construit une carrière hors catégorie autour d’une invention sonore qui lui appartient entièrement : le blufunk, fusion d’influences africaines, de blues, de funk et de pop. Sa technique de guitare percussive, puissante et conçue pour captiver dès les premières mesures, porte l’empreinte de Fela Kuti autant que celle du funk américain. Depuis Blufunk Is A Fact! jusqu’à Alive & Kicking, l’artiste n’a cessé d’explorer sans jamais perdre ce qui fait la force de ses lives : une énergie brute et immédiatement communicative, des morceaux qui ressemblent à des dialogues.
(Concert) Le 14 juillet : Katy Perry, à Neimënster (open air)

Courtesy of Den Atelier
Katy Perry est actuellement en tournée mondiale avec le Lifetimes Tour, une première tournée européenne en sept ans, qui l’a déjà menée à la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde et à Rock in Rio devant 90 000 personnes. La date luxembourgeoise à den Atelier promet donc quelque chose d’assez différent : une salle de quelques centaines de personnes pour une artiste qui remplit habituellement des stades. La setlist s’articule autour de 70% de classiques (de California Gurls, à Firework, en passant par Teenage Dream, Dark Horse, Roar ou encore le cultissime I Kissed a Girl), complétés par des titres de son dernier album 143. Pop spectaculaire dans un format intime : difficile de trouver une meilleure définition de la bonne affaire.
(Concert) Le 17 juillet : Eric Johnson, à la Rockhal
Eric Johnson passe au Rockhal dans le cadre de son Texaphonic Europe Tour 2026 — un retour en Europe très attendu pour celui qui est considéré depuis quarante ans comme l’un des guitaristes les plus accomplis de la scène rock internationale. Avant même son premier album, les meilleurs guitaristes des années 1980 citaient déjà ce musicien d’Austin comme une référence, avec des comparaisons allant vers Jeff Beck et Jimi Hendrix. Son Ah Via Musicom (1990) s’est vendu à plus d’un million d’exemplaires, et Cliffs of Dover lui a valu un Grammy. Depuis, huit nominations aux Grammy, dix-sept albums, et des collaborations avec Mike Stern, Joe Satriani et Steve Vai. Le concert du 17 se tient en configuration debout au Rockhal Club, portes à 20h. Et pour ceux qui veulent aller plus loin : une masterclass exclusive est organisée le dimanche 19 juillet au Rockhal, pour explorer sa technique et son rapport au son de plus près.
(Jazz) Le 18 juillet : Blues’n Jazz Rallye, en ville

Coutesy of Neimënster
Événement phare de l’été luxembourgeois, le Blues’n Jazz Rallye investit à nouveau les rues et les scènes de Luxembourg-Ville pour une journée de concerts gratuits à travers le centre. Plusieurs scènes, parcours libre, entrée gratuite : l’un des événements les plus accessibles et les plus fréquentés de l’été luxembourgeois. Programmation à venir.
(Concert) Le 24 juillet : Opening des Congés Annulés
Le festival Congés Annulés ouvre sa saison sur le Parvis des Rotondes avec une soirée à 5€ et trois groupes qui ne se ressemblent pas vraiment. GANS d’abord, duo post-punk de Birmingham dont le son refuse toute case, nourri de rhum brun, de littérature sombre et de skylines industriels. Chris Imler ensuite : vétéran de la scène indie berlinoise, batteur et compositeur solo dont les sets mêlent beats préprogrammés et jeu live dans un registre quelque part entre DAF et Cabaret Voltaire version contemporaine. Sheebaba enfin, duo de Mayence qui se définit lui-même comme noise, dark wave, art rock, industriel, glitchy, conceptuel, performatif. Ouverture des portes à 19h, concerts à 19h30.
À voir aussi en juillet
(Expo) Jusqu’au 29 août : Bernd Lohaus – Sculptures & collages, Galerie Nosbaum Reding

Courtesy of Nosbaum Reding Gallery
Sculpteur d’origine allemande dont la vie et la carrière se sont principalement déroulées en Belgique, Bernd Lohaus (1940-2018) occupe une place singulière dans le paysage du post-minimalisme européen. Ses structures élémentaires en bois d’azobé, sur lesquelles il inscrivait souvent des mots à la craie, l’ont conduit jusqu’à la Documenta IX en 1992, à l’invitation de Jan Hoet. Sa présence au White Wide Space à Anvers, galerie pionnière active de 1966 à 1976, lui a aussi permis de jouer un rôle central dans la diffusion de l’avant-garde belge à travers l’Europe et les États-Unis. Nosbaum Reding rassemble ici sculptures et collages dans une exposition qui permet de mesurer l’ampleur d’un travail resté trop discret des grandes collections institutionnelles.
(Expo) Jusqu’au 6 septembre : La Somme de mon Seum, Casino Display

Courtesy of Casino Luxembourg – Forum d’Art Contemporain
Une œuvre de l’artiste Mehdi Zion, dont la pratique s’ancre dans les procédés filmiques analogiques. La Somme de mon Seum repose sur une image unique et continue : une théière portée à ébullition, tournée sur pellicule. Par accumulation de pression plutôt que par relâchement, l’œuvre développe une montée lente de la tension — une colère qui couve. Le texte, structuré en quatre parties, retrace des expériences de racisme vécues à seize, vingt-et-un, vingt-six et trente-et-un ans. Chaque fragment s’attarde moins sur l’événement lui-même que sur sa persistance, sur le travail intérieur d’un corps et d’un esprit qui tentent encore de comprendre ce qui ne peut pas entièrement se nommer. Casino Display, 1 rue de la Loge, Luxembourg.