On a beau habiter à deux heures en train, Paris reste Paris : une ville qui réinvente sa scène food à un rythme qu’on ne se lasse pas de suivre et surtout pour ses restaurants.
Bistrot afro-atlantique dans le 7e, cantine indienne façon Irani café dans le 11e, institution montmartroise ressuscitée par les pros du Bouillon Pharamond, et tant d’autres. Bref, voici les sept adresses qui ont retenu notre attention cet été. À tester d’urgence, seule, entre copines, ou avec qui vous voudrez.
Cet été encore, entre nouvelles ouvertures et institutions qui se réinventent, les bonnes raisons de monter à la capitale ne manquent pas. La sélection ELLE Luxembourg
Les tables parisiennes qui nous ont tapé dans l’oeil
L’Arrêt : pour un dîner qui sort de l’ordinaire
Rue de l’Université, dans le 7e, L’Arrêt by The Grey joue une partition qu’on n’attendait pas dans ce quartier sage. Derrière ce bistrot se cache la vision de Johno Morisano et de la cheffe Mashama Bailey, des figures de la scène culinaire de Savannah, en Géorgie, et têtes d’affiche de la série Chef’s Table sur Netflix, où Bailey a eu son épisode dédié. Rien que ça. Tous les deux, ils ont repris le café L’Espérance, un lieu que Johno fréquentait régulièrement, avec l’intention de préserver l’âme du bistrot parisien tout en y mêlant la générosité et les saveurs de la Port City Southern cuisine. L’endroit rend hommage à la diaspora africaine à Paris et s’inscrit dans la longue tradition des espaces afro-atlantiques qui ont fait la vitalité culturelle de la capitale. On y mange midi et soir du lundi au vendredi, le samedi dès 19h. Une adresse très (très) généreuse, ultra originale, qui franchement nous a bluffés (pensez à venir affamés).
Le plus ? Bailey vient d’être nominée au TIME100. Autant dire qu’il ne faut pas tarder à booker votre table.
Où ? 36 rue de l’Université, 75007 Paris, larretparis.fr
Gourou : le hangover cure en version indienne
Rue Léon Frot, dans le 11e, Gourou s’est installé dans un décor signé DOD Architecte (à qui l’on doit aussi Ardent, le Bouillon Pigalle ou Tripletta) pensé dans la plus pure tradition des Irani Cafés de Mumbai : carrelage, hauteur sous plafond, lumière franche. En cuisine, le chef Adrien Bouchaud (passé par Le Crillon, le Ritz et Le 52) explore les richesses des cuisines régionales indiennes, bien au-delà des classiques attendus. Aloo samossas aux légumes rôtis et chutney mangue, vada pau (brioche farcie d’une boulette de pomme de terre en tempura de pois chiches), butter chicken mijoté dans une sauce crémeuse aux amandes et cajous, pakora de courge butternut : tout est préparé maison, à partir de produits frais. Les options végé et vegan sont nombreuses et jamais de second choix. C’est savoureux et réconfortant, sans chichis et tellement bon. Validé.
Le plus ? Ouvert en continu le week-end de midi à 22h30, parfait quand on a faim à 15h un samedi quand on est sorti un peu trop tard la veille.
Où ? 42 rue Léon Frot, 75011 Paris, gourouindianfood.fr
Café Les Deux Gares : pour un déjeuner au soleil en attendant de rentrer
Situé au-dessus de la gare de l’Est, au sein de l’Hôtel Les Deux Gares, le Café Les Deux Gares est une adresse où ne peut s’empêcher de revenir. Comptoir ouvragé, tables en bois blond, chaises Thonet : le décor est beau, simplement beau. En cuisine, le chef signe des assiettes à la précision redoutable. Le soir, la carte monte d’un cran encore. Bref, on n’y a jamais été déçues. Élu Meilleur bistrot par Le Fooding en 2021, et toujours aussi couru depuis. La sélection de vins natures est quant à elle impeccable, la terrasse est là pour l’été, et on peut grignoter à toute heure. Bref, c’est beau, c’est bon : on adore.
Le plus ? La formule midi en semaine à 22-26 euros pour ce niveau de cuisine : une des meilleures affaires du 10e, sans discussion (et on adore aussi la brasserie des Deux Gares, juste en face, notamment pour leur croque-monsieur : à se damner)
Où ? 1 rue des Deux Gares, 75010 Paris – hoteldeuxgares.com
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Bon Bock : pour une soirée à remonter le temps
Il faut le savoir pour y aller, et c’est justement ce qui en fait le charme. Fondé en 1879 au pied de la butte Montmartre, le Bon Bock est le plus vieux restaurant du quartier, celui où se croisaient Manet, Toulouse-Lautrec, Picasso et Apollinaire autour d’un verre d’absinthe. Oui, oui. Fraîchement repris par Benjamin Moréel et Christopher Prêchez, les deux anciens du Petit Bouillon Pharamond, il vient de s’offrir une seconde jeunesse sans renier son passé. Boiseries patinées, lustres, fresques murales, objets d’époque : le décor est absolument intact, et la cuisine du chef Salim Soilah joue le jeu avec franchise : œufs mayonnaise au bottarga, escargots de Bourgogne, magret de canard sauce Suzette, joue de bœuf au vin rouge sur coquillettes, baba au rhum soaking (une dinguerie). Le jeudi, vendredi et samedi, des soirées piano-voix s’improvisent dans l’arrière-salle. On n’en demandait pas plus pour une soirée esprit Moulin Rouge.
Le plus ? La carte change trois fois par an et propose chaque semaine des spéciaux de saison : côte de bœuf normande le mercredi, ris de veau grillé purée le jeudi, homard breton à la parisienne le vendredi. À tester, l’os à moëlle au foin. CQFD.
Où ? 2 rue Dancourt, 75018 Paris, Dîner du mercredi au dimanche dès 18h30, service continu week-end dès 12h. Pour réserver, c’est par ici.
Brasserie des Prés : pour un déjeuner à la française
Nichée dans la Cour du Commerce Saint-André, au cœur du très chic Saint-Germain-des-Prés, la Brasserie des Prés est la quatrième adresse du groupe La Nouvelle Garde. À souligner, elle a été aperçue dans Emily in Paris. 180 couverts en salle, une terrasse, et une cuisine bourgeoise française qui ne fait pas dans le demi-mesure : sole meunière au beurre noisette, bar grillé à partager, volaille fermière aux écrevisses. Tout est fait maison, à partir de produits bruts : les carcasses arrivent entières, les poissons sont levés sur place, les pommes de terre frites viennent de la baie de Somme (et sont à tomber). Service continu le week-end, tous les jours de 12h à minuit. Et si l’envie de prolonger se fait sentir, Grouvie, le dancing et bar à cocktails perché au deuxième étage, s’en charge.
Le plus ? Le glacier attenant, le Glacier des Prés, pour finir le dimanche en beauté ; les profiteroles dont on vous a parlé juste ici ; et le « petit coin » super instagrammable !
Où ? Cour du Commerce Saint-André, 75006 Paris, lanouvellegarde.com
Brasserie Philippe : l’adresse des dimanches en famille
La Brasserie Philippe s’est taillé une réputation qui mérite le déplacement. Aux commandes, le chef Charles Boixel, passé par les cuisines de Robuchon, Gagnaire et Le Squer, signe une bistronomie précise et élégante : produits bruts, saisonnalité exigeante, et une belle carte des vins. Cadre soigné (bois, lumière feutrée, atmosphère de maison avec une bibliothèque qui trône fièrement en son centre) et cuisine sincère : tout ce qu’on aime. La formule déjeuner (entrée-plat-dessert à 29 euros du lundi au vendredi) est une des meilleures affaires du coin. On y va aussi le week-end pour un repas en famille chic et paisible. On y a goûté du veau (fondant) morilles et asperges, sauce au vin jaune : c’était fou.
Le plus ? Une table qui prouve que les meilleures adresses ne sont pas toujours intra-muros. Leur must-have ? Le cookie chaud « Brasserie Philippe », une bombe chocolatée, ultra regressive.
Où ? 72 ter route de la Reine, 92100 Boulogne-Billancourt, brasserie-philippe-boulogne.fr
Le Stock : pour une soirée qui commence à table et finit autrement
Rue de Richelieu, à deux pas de la Bourse, Le Stock a exactement le profil qu’on cherche quand on veut une adresse qui tient ses promesses du déjeuner jusqu’au bout de la nuit. En cuisine, le chef Ali Ourti propose une carte d’instinct nourrie par ses origines kabyles : crudo de gambas à l’aguachile, œuf mayo à l’estragon et chapelure de merguez, cuisse de poulet rôtie et frites maison, tajine de chou-fleur. La carte change chaque mois, la formule du jour évolue quotidiennement (24 euros entrée-plat, 29 avec dessert). Le soir venu, le volume monte, la musique change de registre, et le week-end, on y danse jusqu’à 2h du matin. Un gros coup de cœur pour cette adresse.
Le plus ? Le staff ultra cool et l’espresso martini aux grains de café, à commander dès qu’on s’assoit (et globalement toute la carte des cocktails vaut le détour).
Où ? 88 rue de Richelieu, 75002 Paris, stock-paris.fr
Franquette : idéal pour un date
Rue des Dames, dans le 17e, Franquette est l’adresse dans laquelle on a forcément envie de revenir. La première raison ? Philippe qui tient la maison seul ; et dieu sait qu’il a à faire. C’est toujours complet ! L’ancienne boutique de bonbons reconvertie en cabinet de curiosités, les délicieuses assiettes à la française, les vins nature et orange dont quelques pépites venues de Géorgie, les producteurs amis et la démarche slow food revendiquée haut et fort : tout ici est cohérent, sincère, et infiniment sympathique. On y dîne du mardi au samedi dès 19h30, dans une atmosphère cosy qui n’écrase pas la conversation. Parfait pour un premier rendez-vous, ou pour un dîner à deux où l’on a vraiment envie de parler.
Le plus ? Une des cartes de vins nature les mieux choisies du quartier et, surtout, pour l’ambiance.
Où ? 8 rue des Dames, 75017 Paris, restaurantfranquette.fr
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