Six cents ans d’histoire familiale, des jardins d’eau classés parmi les plus beaux de France, un festival de musique classique du 13 au 16 août et une fraîcheur bienvenue en pleine canicule : le Château d’Ainay-le-Vieil, dans le Berry, a tout d’une étape à ne pas manquer cet été.

Au cœur du Berry, à un peu moins de six heures de route du Luxembourg, un château appartient à la même famille depuis six cents ans. N’allez pas dire que c’est loin : c’est aussi une étape toute trouvée pour les nombreux Luxembourgeois qui prennent chaque été la direction du Pays basque, l’A71 passant justement à quelques minutes du domaine. Cet été, pendant que la canicule vide les terrasses, ses douves, ses jardins d’eau et ses pièces voûtées offrent une fraîcheur presque insolente. Bref, voici sept excellentes raisons de faire un détour par Ainay-le-Vieil.

Pourquoi on a adoré séjourner au Château d’Ainay-le-Viel

Courtesy of Château d’Ainay-le-Viel

Des jardins parmi les plus remarquables de France

Le label Jardin Remarquable ne se donne pas facilement, et, croyez-nous sur parole, les jardins d’Ainay-le-Vieil le méritent largement. Les jardins d’eau datent de la fin du XVIe siècle, à l’époque de la construction des deux pavillons Renaissance qui en marquent l’entrée, et le système hydraulique hérité du Moyen Âge fonctionne encore à l’heure actuelle : des déversoirs et des jeux de pelles régulent le débit de l’eau tout au long de son parcours dans les douves et les canaux. Hervé Borne, lui, n’avait rien d’un paysagiste en arrivant à Ainay : il s’est pris au jeu, tant et si bien que c’est désormais lui qui orchestre l’ensemble des jardins.

© Arielle de La Tour d’Auvergne

La roseraie (absolument magique au printemps) s’ouvre face aux pavillons, bordée par les canaux du Grand Carré en l’Île. Un peu plus loin, les Chartreuses, comprenez cinq salles à ciel ouvert reliées par une succession d’arcades, déclinent chacune un thème différent : mixed-border, verger sculpté, jardin de méditation, cloître des simples, parterres de broderies.

Chaque saison, un sculpteur contemporain y expose, et Arielle et Hervé Borne, les propriétaires, choisissent en fin d’année une œuvre pour rejoindre leur collection permanente. Cyprès chauves plantés en bordure des douves (les arbres préférés de Marie-Antoinette), chênes centenaires, platanes gigantesques : sous leur ombre, la température chute de plusieurs degrés, et les longues perspectives d’eau achèvent de donner à l’ensemble un calme qui n’a rien d’un décor. À souligner : deux labyrinthes (un pour les enfants, un pour les adultes) seront prochainement dévoilés .

Fun fact : deux sympathiques moutons d’Ouessan, Jacques Cœur et Louis XII, entretiennent à leur façon les abords du parc. S’ils sont très absorbés par leur tâche, les croiser leur route fait partie du charme de la promenade. 

Un château médiéval et Renaissance superbement restauré

Surnommé « la petite Carcassonne » pour son enceinte circulaire, restée quasi intacte depuis le Moyen Âge, le château n’a jamais quitté la même famille depuis le XVe siècle, soit dix-huit générations sans interruption.

Abandonné après la Révolution, il connaît une première restauration dès 1855, puis une nouvelle campagne à partir de 1985, quand les jardins contemporains sont recréés autour de la structure Renaissance retrouvée. Depuis 2019, toitures, menuiseries et enduits ont fait l’objet d’une restauration complète, pour lui offrir une vraie seconde jeunesse.

© Arielle de La Tour d'Auvergne

© Arielle de La Tour d'Auvergne

© Arielle de La Tour d'Auvergne

Arielle Borne, qui descend par sa mère des Chevenon, seigneurs de Bigny, acquéreurs du château en 1467, en reprend les rênes avec son mari Hervé en 2018. Un an plus tard démarre le chantier de six ans qui vient de s’achever, mené avec la volonté d’en faire un authentique et véritable lieu de vie. Le couple y habite d’ailleurs une partie de l’année (dans une aile non accessible au public) et tient à ce que ce patrimoine reste à la portée de tous : les pièces se visitent, se racontent et se pratiquent encore, entre visites théâtralisées, musée des Arts et Traditions Populaires consacré à la vie du village avant 1914, escape games glissés dans les salles voûtées et sorties scolaires régulières. La Chambre du Roi, elle, doit son nom à Louis XII, qui y a lui-même séjourné : la pièce en conserve encore le souvenir. Six cents ans d’histoire, et un château qui continue clairement à vivre, inscrit de longue date sur la route touristique Jacques Cœur.

La Volière, une table qui mérite également le déplacement

Le restaurant du château, La Volière, est confié à la cheffe réputée Maria Rodriguez. Originaire du Venezuela, où elle a d’abord étudié le droit avant de changer de voie, et de racines italiennes du côté familial, elle s’est formée à l’école Ritz-Escoffier à Paris avant de reprendre les cuisines du château.

© Arielle de La Tour d’Auvergne

Et été, on y déjeune ou on y dîne sous une jolie pergola fraîche, au cœur des jardins, un cadre franchement appréciable par cette chaleur. La carte suit ses influences croisées, italo-latino-françaises, et se déguste volontiers avec la Curda, la bière imaginée par Maria à Lyon en 2020 et qu’elle a emportée avec elle à Ainay : une blonde légère et une ambrée bien plus corsée, à commander en accompagnement ou simplement pour le plaisir d’en discuter avec Thamara Bryson, qui accueille les clients avec la même énergie depuis 2023. Bonne nouvelle pour qui n’a pas le temps de tout faire (ou pour le locaux en quête d’une bonne table) : La Volière se réserve indépendamment de la visite du château ou d’un séjour sur place, en simple étape gourmande.

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Une escapade complète, où l’on peut aussi dormir

Parce qu’Ainay-le-Vieil mérite qu’on s’y attarde longuement. cinq chambres d’hôtes prennent place dans le château lui-même, avec vue sur les douves et un accès privilégié à la roseraie une fois les grilles refermées au public : la chambre Colbert, la chambre Tourzel, la Suite Bigny (qui accueille jusqu’à quatre personnes), ou encore la chambre Empire, à partir de 260 euros la nuit, petit-déjeuner compris.

À quelques pas, dans les dépendances du domaine, quatre gîtes offrent plus d’indépendance : la Conciergerie et ses six couchages, la Grange et ses huit, jusqu’au Grenier à blé et à la Capitainerie, capables d’accueillir des familles ou des groupes de dix à quatorze personnes, à partir de 325 euros la nuit, deux nuits minimum. De quoi résolument transformer la visite en une parenthèse quiétude, entre nature, Histoire et calme.

Une plongée dans un pan de l’Histoire de France

Dans le grand salon, les toiles accrochées aux murs ne sont pas de simples portraits de famille : elles retracent la lignée Colbert, entrée à Ainay par le mariage de Marie de Villefranche avec le marquis de Colbert Chabanais, descendant direct du grand ministre de Louis XIV. Napoléon a lui aussi laissé sa trace dans les salons du château, au fil d’une visite qui traverse plusieurs siècles d’histoire de France.

© Arielle de La Tour d'Auvergne

Parmi nos coups de cœur, un médaillon en ambre renfermant une araignée fossilisée. Marie-Antoinette (pour laquelle je confesse une passion) l’a en effet offert à Madame de Tourzel, gouvernante de ses enfants, afin de la remercier d’être restée à ses côtés jusque dans la prison du Temple. La reine le portait encore au moment de son incarcération, avant d’être guillotinée, et Madame de Tourzel, l’aïeule des propriétaires actuels, l’a emporté avec elle à Ainay. C’est également ce médaillon qui donne son nom à l’une des chambres d’hôtes du château.

Arielle et Hervé Borne, dépositaires d’une histoire familiale transmise depuis six siècles, prennent un plaisir manifeste à la raconter, et les visiteurs en ressortent souvent fascinés, emportés malgré eux dans leur récit.

Les Rencontres musicales, un festival classique en pleine nature

Du 13 au 16 août 2026, le château et ses jardins accueillent la cinquième édition des Rencontres musicales d’Ainay-le-Vieil, portées par l’orchestre du festival sous la direction de David Molard Soriano ; une volonté d’Arielle grande passionnée de musique classique. Le concert symphonique d’ouverture, jeudi soir, fait résonner Bizet et Ibert dans la Salle des Archers, avant un récital de piano signé Jonathan Fournel le lendemain. Le samedi après-midi, place aux balades musicales et aux visites augmentées dans les jardins, puis à un opéra, La Traviata, le soir. Le festival se referme le dimanche avec un concerto de Tchaïkovski et un cocktail dans la cour du château. De quoi profiter des jardins et de leurs pierres fraîches autrement, au son d’un violon ou d’un piano.

Les illuminations du jeudi soir, nouveauté de l’été 2026

Chaque jeudi de juillet et août, la haute cour, le parc et les jardins restent ouverts en soirée, portes closes à 23h30. On y déambule à la lumière, dans la fraîcheur nocturne. Pour prolonger le moment, la formule « Instant magique » propose une coupe de champagne à la bougie, à l’endroit des jardins que l’on choisit soi-même. Un rendez-vous d’autant plus bienvenu cet été, alors que la chaleur pousse à chercher l’ombre plutôt que le plein soleil.

Où ?  Château d’Ainay-le-Vieil, 7 rue du Château, 18200 Ainay-le-Vieil
chateau-ainaylevieil.fr

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