Plages élégantes, anchois d’exception, jean vintage déniché entre deux boutiques et cosmétiques nés sur place : Biarritz et le Pays Basque s’imposnt  comme la nouvelle destination préférée des Luxembourgeois (et pas que), aussi attentif à la culture, à leur dressing qu’à leur routine skincare.

Cent onze ans jour pour jour après que Coco Chanel y a implanté sa toute première maison de couture, Biarritz a de nouveau attiré l’avant-garde du style ce printemps, Michaela Coel et A$AP Rocky en tête, venus assister à la première collection croisière signée Matthieu Blazy. Un signal qui ne trompe pas : la ville basque séduit désormais bien au-delà du cercle des initiés. Moins agitée que Marseille, débarrassée des postures qu’on prête volontiers à la Côte d’Azur, elle conjugue villas Belle Époque, tables gourmandes, lumière quasi caribéenne et, depuis peu, une scène cosmétique locale qui monte aussi vite que ses adresses vintage.

Pourquoi, cet été, on craque pour Biarritz ?

Le séjour démarre à la Villa Magnan, hôtel de charme où Hector, l’âne qui déambule en toute liberté dans le parc, impose d’emblée un tempo très lent. Au petit-déjeuner, on croirait un plan tiré d’un film de Sofia Coppola : bouquets sauvages disposés sans façon, granolas maison et viennoiseries fraîchement sorties du four, le tout sur fond de vinyles anciens.

On pourrait sans peine ne jamais quitter l’établissement. Les cinq chambres déploient un vocabulaire résolument rétro, entre bibliothèques montant jusqu’au plafond, salles de bains habillées de mosaïques et meubles chinés qu’on rêverait de rapporter chez soi. Les heures s’écoulent entre la lecture dans l’orangerie et la piscine cachée au fond du jardin. La boutique de l’hôtel mérite le détour, avec ses collaborations exclusives imaginées avec des maisons françaises comme Repetto ou Castex. Le dîner, lui, se prend dans l’ancienne serre transformée en restaurant, où un chef différent officie chaque saison au feu de bois. La soirée se termine chez Babette, le bar niché sous une glycine imposante, où le vermouth se déguste accompagné d’une gilda, ce pintxo basque culte associant anchois, olive et piment mariné.

À dix minutes de taxi seulement, l’océan appelle. Direction la Côte des Basques pour louer une planche à petit prix ou suivre un cours d’initiation. Mieux vaut prévoir une combinaison hors saison estivale : l’Atlantique reste frais. Une fois la séance de surf terminée, cap sur Paddo, où œufs et salades version green goddess redonnent des forces. Le marché des Halles, qui ferme ses portes à 14 heures, vaut le détour pour le café de Lobita, l’omelette à la truffe de chez Balme ou les huîtres à 1,50 euro de L’Écaille.

Le Pays basque : une source d’inspiration et de créativité

L’après-midi se prête à la chasse aux pièces vintage. Chez Fadead, la clientèle mode et art vient dénicher de vieux Levi’s ; Harold & Maude aligne les classiques français, de YSL à Chanel ; Encore rassemble créateurs et enseignes populaires d’une autre époque. La sélection de Martine mérite également un arrêt. Pour une pause plus contemplative, la galerie Champ Lacombe, portée par la Londonienne Lucy Chadwick, est la première dédiée à l’art contemporain dans la ville ; la Librairie Biarritz complète la balade avec ses beaux livres et ses romans de plage.

Côté beauté, la ville et ses environs cultivent la même exigence que dans le vintage. Les Laboratoires de Biarritz, nés et fabriqués sur place, puisent leurs actifs dans les algues de la côte pour une cosmétique bio résolument marine. Pour une parenthèse plus immersive, un crochet par Bayonne, à quelques minutes de route, s’impose : le spa Txokologie y décline soins et cosmétiques biologiques entièrement pensés autour du cacao, dans un esprit ancré au Pays basque.

Le quatrième samedi du mois, direction Les Puces de Quintaou, le plus grand marché aux puces de la côte basque : linge ancien, céramiques et objets chinés s’alignent sous les pins d’Anglet, à deux pas de Biarritz. Pour l’apéritif face au coucher de soleil, la cabane Etxola Bibi, institution locale, fait figure de passage obligé, avant de remonter vers les terres jusqu’à Cheri Bibi pour une cuisine de saison, des vins nature et une vue imprenable sur les passants.

À la nuit tombée, retour sur la côte au Basta pour un vermouth-soda accompagné de jamón et de gildas, histoire de patienter jusqu’au dîner. La soirée se clôt en flânant vers le port des Pêcheurs et ses anciens hangars à sardines, direction Chez Albert, institution des produits de la mer.

Biarritz démontre qu’un vrai luxe côtier ne se mesure ni aux paillettes ni aux yachts, mais à cet équilibre rare entre esprit surf, allure mode et cosmétique locale bien pensée. Et ces fameuses gildas, elles, valent à elles seules le voyage.

Où dormir à Biarritz ?

Les meilleures adresses de charme et de luxe de la ville :

Regina Experimental, Biarritz

Pour une rénovation récente marie la grandeur balnéaire d’autrefois à une esthétique Art déco.

Hôtel de Silhouette

Des chambres élégantes dans une bâtisse du XVIIe siècle, à deux pas des Halles.

Hôtel du Palais

Bâti en 1854 sur ordre de Napoléon III, ce cinq-étoiles légendaire offre des airs de résidence impériale.

Notre sélection d’escapades autour de Biarritz

Entre Biarritz et Bilbao, environ 145 kilomètres de route ponctués de haltes incontournables.

Guéthary

Le village de surfeurs au charme préservé : bar de plage bohème Hétéroclito, Café du Fronton sur la place du village, et Chez Nadyne pour sa vue sur l’océan et ses tapas de la mer parmi les meilleurs de la côte.

Saint-Sébastien

Mieux vaut délaisser les rues les plus fréquentées pour le quartier de Gros, où Geralds Bar sert tartare de bœuf et anchois frais dans une ambiance conviviale. Le repas se termine à La Viña, dans la vieille ville, autour du célèbre cheesecake basque.

Getaria

Petite cité perchée qui a vu naître Cristóbal Balenciaga ; le musée qui porte son nom retrace un pan entier de l’histoire de la haute couture du XXe siècle.

Bilbao

Dernière étape au musée Guggenheim, signature de Frank Gehry qui a, à elle seule, transformé le visage de la ville.

Article initialement publié sur ELLE UK

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