Dans le cadre du Programme Public d’Art Basel Paris, Miu Miu confie sa commande 2026 à Alice Diop. La réalisatrice signe Geste de Consolation, présenté au Palais d’Iéna, siège du Conseil économique, social et environnemental et lieu des défilés de la maison. C’est la troisième année que Miu Miu occupe ce rôle de Partenaire Officiel, après Tales & Tellers de Goshka Macuga en 2024 et 30 Blizzards d’Helen Marten en 2025.
Une question récurrente traverse chaque projet d’Alice Diop : celle du regard porté sur les femmes noires et de la manière de le réparer. Dans Saint Omer, elle l’interrogeait à travers un procès. Dans Fragments for Venus, son film pour Miu Miu Women’s Tales en 2025, elle la posait face aux collections des musées occidentaux. Geste de Consolation n’échappe pas à cette règle tacite de l’artiste en ce sens que cette nouvelle oeuvre en constitue le prolongement logique, à la différence que, cette fois, elle change de forme : c’est en effet la toute première exposition de la cinéaste.
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Un parcours d’exposition imaginé comme un montage
Alice Diop conçoit ce trajet comme elle monterait un film : le sens naît de la proximité et de la succession des espaces plutôt que d’une explication frontale. Une manière de rester fidèle à sa méthode, même en sortant du cadre de l’écran. Elle réunit ainsi des femmes qui « (l)’ont soignée, qui (l)’ont nourrie », dans un parcours en quatre espaces. Il s’ouvre ainsi sur une photographie de la Sud-Africaine Zanele Muholi, suivi d’une installation vidéo signée Diop elle-même, montage d’images d’archives et d’extraits de films qui ont façonné son regard de cinéaste. Suit Chambre à soi, un salon-bibliothèque tapissé d’un motif de l’artiste Mary Lee Bendolph, où les livres qui ont nourri sa pensée composent, à plus grande échelle, le portrait d’une femme noire qui pense au XXIe siècle.
La bibliothèque laisse ensuite place à une arène de performance, au coeur de laquelle les textes de Zora Neale Hurston, June Jordan, Audre Lorde, Marie Ndiaye ou Zadie Smith sont lus en direct par une distribution tournante, aux côtés d’une pièce de la chorégraphe ivoirienne Nadia Beugré et de performances de la musicienne de Chicago Angel Bat Dawid. Le parcours se referme sur Sentinel (Mami Wata), bronze de près de cinq mètres signé Simone Leigh, silhouette encerclée par un serpent qui interprète une divinité des eaux ouest-africaine. « Je voulais que ma curation se concentre sur des gestes de consolation conçus par des artistes femmes noires, chacune active dans sa propre discipline, pour réparer le regard fétichisant auquel des siècles d’histoire de l’art nous ont confinées », résume Alice Diop.
Geste de Consolation est présenté au Palais d’Iéna du 21 au 25 octobre, avec une preview le 20 octobre. Les inscriptions pour les visites guidées ouvrent le 8 octobre sur miumiu.com.
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