Alors que le Luxembourg accueille jusqu’au 7 juin la première édition de la Semaine de la Santé de la Femme, organisée par le ministère de la Santé et de la Sécurité sociale, Odette Tonnaer publie La Santé de Demain, un essai consacré aux mutations de notre rapport à la santé, au bien-être et à la longévité.
Fondatrice de Yoaké Health & Well-Being et spécialiste de la santé intégrative, elle y défend une approche qui réconcilie innovations scientifiques et savoirs ancestraux.
L’interview d’Odette Tonnaer
Dans La Santé de Demain, Allier sagesse ancestrale et innovations scientifiques pour une vie saine, épanouie et pleine de vitalité, vous invitez les lectrices à porter un regard nouveau sur la santé. Quelle est votre vision ?
Odette Tonnaer : Je défends une approche intégrative et holistique du bien-être, à la croisée des traditions millénaires et des avancées scientifiques, pour une vie longue et équilibrée. Nous parlons beaucoup d’espérance de vie, mais la véritable question est celle de la qualité de vie : préserver son énergie, son équilibre et son bien-être au fil des années. C’est cette réflexion qui a guidé l’écriture de mon livre.
Lire aussi : Pourquoi les femmes sont-elles diagnostiquées plus tard que les hommes ?
Votre ouvrage repose sur trois piliers. Pourquoi avoir structuré votre vision de la santé autour de ces axes ?
O.T. : Parce qu’ils reflètent une vision globale et vivante de l’être humain. Ces trois dimensions : l’harmonie avec le vivant, le dialogue entre traditions et médecine du futur et l’art de cultiver son équilibre intérieur forment un ensemble cohérent.
Médecine prédictive, intelligence artificielle ou thérapies innovantes : ces avancées transforment-elles notre manière de prendre soin de nous ?
O.T. : Nous assistons à une mutation sans précédent. Biotechnologies, intelligence artificielle, robotique chirurgicale ou médecine prédictive ouvrent des perspectives extraordinaires pour le diagnostic, la réparation du corps et la compréhension du vivant. Mais cette évolution soulève une question essentielle : que faisons-nous de cette puissance ? La véritable avancée ne réside pas uniquement dans la sophistication des outils, mais dans notre capacité à les intégrer dans une vision globale de l’être humain. La technologie peut prolonger la vie, mais elle ne garantit pas à elle seule sa qualité. C’est dans l’articulation entre innovation scientifique et sagesse du vivant que se dessine, selon moi, la médecine du futur.
Vous évoquez une médecine de la longévité. De quoi parle-t-on exactement ?
O.T. : Il ne s’agit plus seulement d’ajouter des années à l’existence, mais de préserver la vitalité dans le temps long. Les recherches actuelles sur le vieillissement biologique montrent que notre mode de vie influence profondément notre santé cellulaire. Cela ouvre une perspective nouvelle : nous pouvons agir sur la manière dont le temps s’inscrit dans notre corps. Mais cette promesse n’a de sens que si elle s’accompagne d’une conscience accrue de nos habitudes et de notre capacité à prendre soin de nous au quotidien.
Votre approche insiste sur le lien au vivant. Pourquoi est-il central dans votre réflexion ?
O.T. : Nous avons profondément oublié que nous faisons partie du vivant. L’être humain n’est pas séparé de la nature : il en est une expression. Le vivant n’est pas un décor, mais un système intelligent auquel nous appartenons. Plus nous nous en éloignons, plus nous fragilisons nos équilibres. À l’inverse, en renouant avec lui, nous retrouvons des capacités naturelles d’autorégulation et d’adaptation.
Vivre plus longtemps, mais surtout vivre mieux : c’est l’idée forte de votre livre. Pouvez-vous nous l’expliquer ?
O.T. : Oui, c’est le fil conducteur de cet essai. Il s’agit de replacer la prévention au cœur de notre manière de penser le soin, mais aussi de dépasser une opposition longtemps structurante entre médecine moderne et savoirs ancestraux. Ces approches ne s’opposent pas : elles se complètent et enrichissent notre manière d’accompagner le quotidien.
Comment les systèmes de soins actuels peuvent-ils évoluer pour intégrer des approches plus autonomes ?
La Santé de Demain s’inscrit dans les débats contemporains sur l’évolution des modèles de soin et apporte une contribution aux réflexions actuelles. Le livre met également en lumière une demande croissante pour des approches plus globales, plus autonomes et davantage centrées sur la personne.
Vous parlez de ce livre comme d’un « compagnon de vie ». Quelle expérience souhaitez-vous offrir aux lectrices de ELLE Luxembourg ?
O.T. : Je n’ai pas voulu écrire un manuel théorique, mais un guide vivant et accessible, que l’on peut ouvrir selon ses besoins et ses moments de vie. Chaque lectrice peut y trouver des clés pour mieux se comprendre et redevenir actrice de son équilibre. Prendre soin de soi repose sur des fondements simples et essentiels : le rythme biologique, la qualité du sommeil, l’alimentation ou encore le lien à la nature. C’est cet équilibre global que j’interroge.
Si vous deviez résumer l’esprit de ce livre en une phrase ?
O.T. : C’est une invitation à renouer avec soi-même, avec la nature et avec une forme de sagesse intérieure souvent oubliée, avec cette idée d’une vitalité joyeuse et durable.
La Santé de Demain, allier sagesse ancestrale et innovations scientifiques pour une vie saine, épanouie et pleine vitalité, Odette Tonnaer. Éditions Binsfeld.
À lire également sur le même thème
Sexe dans le couple : pourquoi les femmes continuent à se forcer
Ménopause, fatigue, cycles : pourquoi l’Ayurveda intéresse de plus en plus les femmes
Social Freezing : congeler ses ovocytes pour repousser la maternité