Avec “Juste une illusion”, au cinéma ce 15 avril, le duo Nakache-Tolédano signe un film feel good, à la hauteur de “Nos jours heureux” et “Le Sens de la fête”. Un shot de bonne humeur et de nostalgie au milieu de l’actualité morose.

Ce n’est pas une illusion, le nouveau film d’Olivier Nakache et Éric Tolédano est la meilleure comédie française depuis ce début d’année 2026.

Vendredi dernier, ma journée commençait comme un mauvais scénario. Après trois heures à patienter fébrilement, les larmes coulent à torrent sur mes joues : je n’ai pas eu de place pour l’un des concerts de Céline Dion à Paris. Pas de billets. Rien. Nada. Niet.« J’irai où tu iras » ? En tout cas pas au concert de notre diva.

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À partir de cette tragédie (relative je vous l’accorde), le programme de ma journée était donc tout décidé : faire ce que ma sœur dirait sans doute que je fais le mieux, bouder. Bien décidée à livrer ma meilleure prestation, digne d’une Commedia dell’arte, j’ai décrété le 10 avril jour de deuil national et c’est non négociable (accordez-moi une minute de silence s’il vous plaît).

©Manuel Moutier / 2026 ADNP – TEN CINEMA – GAUMONT – TF1 FILMS PRODUCTION – QUAD+TEN

« Juste une illusion » : le film feel good qui m’a consolée après ma déception Céline Dion

Pourtant, le soir même, j’avais prévu de revoir « Juste une illusion », le nouveau film d’Olivier Nakache et Éric Tolédano, projeté en avant-première. Je l’avais déjà vu en projection presse, quelques semaines plus tôt, mais j’avais absolument envie de le partager avec ma moitié, grand fan lui aussi de leur univers.

Dès les premières minutes, « Juste une illusion » agit comme une machine à remonter le temps et le moral. Une sorte d’antidote. Un shot de nostalgie qui raconte une chronique familiale à hauteur d’un pré-ado dans la banlieue parisienne des années 1980. C’est drôle, tendre, lumineux, profondément humain. Rien d’extraordinaire sur le papier – les copains, les cours, les premiers émois, les bêtises, les rêves minuscules – mais tout est là. On ne regarde pas une intrigue mais on reconnaît des souvenirs, même ceux qu’on n’a jamais vécus.

Je suis née en 1993 et pourtant j’ai plongé la tête la première dans cet univers. C’est là toute la force du film : parler à ceux qui ont connu cette époque tout en embarquant les générations suivantes à travers les récits des autres. Un vrai film transgénérationnel qui nous fait passer du rire aux larmes.

 

©Manuel Moutier / 2026 ADNP – TEN CINEMA – GAUMONT – TF1 FILMS PRODUCTION – QUAD+TEN

Un casting impeccable porté par Camille Cottin et Louis Garrel

Le casting est lui aussi impeccable. Camille Cottin et Louis Garrel forment un duo de parents crédible, touchant et délicieusement imparfait. Tout comme les deux jeunes acteurs, Simon Boublil et Alexis Rosenstiehl, d’une justesse désarmante et immédiatement attachants.

Et puis il y a l’univers propre aux deux réalisateurs qui, comme toujours, ne laisse rien au hasard. Les dialogues sont perlés d’humour et de tendresse, les décors sont minutieux, l’esthétique soignée semble sortie d’une cassette VHS, jusqu’aux logos des partenaires du film en typographie vintage. Sans oublier une bande-son absolument irrésistible, de Imagination à Téléphone en passant par Pointer Sisters, Ascent et 10cc.

En filigrane, le film évoque aussi l’immigration, la montée du racisme et l’élan du mouvement « Touche pas à mon pote », mais sans verser dans le drame car Nakache et Tolédano préfèrent la lumière et l’espoir, rappelant qu’au cœur des années 1980 on croyait sérieusement au vivre-ensemble et qu’un monde meilleur n’était pas « juste une illusion »…

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