Héritière de l’empire Swarovski, chanteuse devenue animatrice star en Allemagne, Victoria Swarovski s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa carrière en présentant l’Eurovision 2026.
Entre pression du direct, exposition médiatique et ambition personnelle, la présentatrice autrichienne revient pour ELLE Luxembourg sur son parcours, ses défis et la manière dont elle a construit son identité bien au-delà de son célèbre nom de famille.
L’interview exclusive de Victoria Swarovski
ELLE Luxembourg : Animer l’Eurovision signifie parler à environ 170 millions de personnes en même temps. Lorsque vous avez dit oui pour la première fois, que représentait ce chiffre pour vous personnellement ?
Victoria Swarovski : Ce chiffre peut sembler totalement irréel… Évidemment, cela implique une grande responsabilité pour toutes les personnes qui participent à une production de cette ampleur. Tout est préparé très en amont et répété dans les moindres détails pour que l’émission se déroule le mieux possible.
J’aime beaucoup l’énergie du direct, et je suis très heureuse de vivre cette expérience à Vienne autour d’un événement aussi emblématique.
ELLE Luxembourg : Vous décrivez l’Eurovision comme l’expérience la plus spectaculaire de votre carrière. Qu’est-ce qui la rend différente de tout ce que vous avez fait auparavant ?
Victoria Swarovski : Avec Let’s Dance, j’ai déjà l’habitude du direct et de la pression qu’il implique. Mais l’Eurovision reste quelque chose d’unique, notamment parce que l’émission est suivie en même temps dans autant de pays. Beaucoup de téléspectateurs vont me découvrir à cette occasion, donc il y a forcément une envie de donner le meilleur de soi-même.
C’est une production impressionnante, avec une organisation et une attention aux détails énormes. Je suis très heureuse de faire partie de cette aventure et de contribuer, avec toute l’équipe, à offrir un grand moment de divertissement au public.
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ELLE Luxembourg : L’Eurovision n’est pas seulement une émission de télévision, c’est aussi un événement culturel et émotionnel. Quel genre d’animatrice voulez-vous être sur cette scène ?
Victoria Swarovski : Les personnes qui travaillent avec moi savent que je m’investis toujours pleinement dans ce que je fais. Pour toute l’équipe, l’objectif est avant tout de proposer le meilleur spectacle possible au public et de créer les meilleures conditions pour les artistes et les candidats.
En tant qu’animateurs, notre rôle est de donner le rythme à la soirée et d’accompagner le déroulement de l’émission, mais aussi de soutenir les artistes et de mettre leur performance en valeur.
ELLE Luxembourg : Vous êtes née dans l’une des familles les plus connues au monde. Quand avez-vous réalisé que vous deviez construire votre propre identité au-delà de ce nom ?
Victoria Swarovski : J’ai toujours su que je voulais travailler sur scène et évoluer dans le monde du divertissement. Au départ, mon rêve était de devenir chanteuse, et j’ai signé un premier contrat avec Sony Music à seulement 15 ans. Puis les choses ont évolué différemment et, au fil des opportunités, je me suis tournée vers la télévision.
Depuis maintenant neuf ans, je présente Let’s Dance, qui est l’une des émissions de divertissement les plus populaires en Allemagne. J’ai très tôt suivi mon propre chemin et je suis reconnaissante de tout ce que cette carrière m’a permis de vivre jusqu’à aujourd’hui. Ce dont je suis le plus fière, c’est d’avoir construit ce parcours à ma manière.
ELLE Luxembourg : Y a-t-il eu un moment au début de votre carrière où vous vous êtes dit consciemment : c’est mon chemin, pas seulement celui de ma famille ?
Victoria Swarovski : J’ai su assez tôt que je voulais être sur scène, mais au-delà de ça, j’avais surtout envie de construire quelque chose par moi-même et d’être indépendante. Je suis fière du parcours que j’ai réussi à créer grâce au travail et à la persévérance. Et en parallèle, je reste évidemment très admirative de tout ce que ma famille a bâti avec Swarovski au fil des générations.

©Olga Rubio Dalmau
ELLE Luxembourg : Votre victoire à Let’s Dance en 2016 a marqué un tournant. Cela a-t-il changé la façon dont le public vous voyait ou la façon dont vous vous voyiez vous-même ?
Victoria Swarovski : Même si j’avais déjà sorti plusieurs singles avant Let’s Dance, cette émission a clairement marqué un tournant dans ma carrière. Elle m’a permis de toucher un public beaucoup plus large et surtout de montrer une facette plus authentique de ma personnalité.
Avant cela, j’ai souvent été confrontée à des idées préconçues, mais avec le temps j’ai appris à prendre du recul par rapport à tout ça. Il y aura toujours des personnes qui réduiront mon parcours à mon nom de famille, et ce n’est pas quelque chose que l’on peut réellement contrôler. Aujourd’hui, je préfère rester concentrée sur mon travail et avancer à ma manière.
ELLE Luxembourg : Vous avez commencé comme chanteuse, puis vous êtes devenue personnalité télé, animatrice et entrepreneure. Ces transitions vous ont-elles toujours semblé naturelles ou avez-vous dû vous réinventer à chaque fois ?
Victoria Swarovski : Depuis le début, mon envie a toujours été de monter sur scène et de divertir les gens. Au départ, je pensais le faire à travers la musique, puis les choses ont évolué assez naturellement vers la télévision et ensuite vers l’entrepreneuriat. J’ai toujours aimé sortir de ma zone de confort et accepter de nouveaux défis.
Il y a presque dix ans, RTL m’a proposé de présenter Let’s Dance. Je n’ai pas hésité longtemps avant d’accepter, même si je n’avais encore aucune expérience en animation à l’époque. C’était un vrai pari, autant pour eux que pour moi, surtout avec une émission suivie par plusieurs millions de téléspectateurs.
Les débuts n’ont pas été simples et j’ai dû apprendre très vite. Mais avec le temps, j’ai trouvé ma place et gagné en confiance. Aujourd’hui, je suis reconnaissante du parcours que j’ai eu et de toutes les opportunités qui se sont présentées au bon moment.
ELLE Luxembourg : Avec votre marque de beauté ORIMEI, vous êtes passée d’un visage à une fondatrice. Qu’avez-vous découvert sur vous-même grâce à cette expérience ?
Victoria Swarovski : ORIMEI est un projet très personnel pour moi, dans lequel j’ai investi beaucoup de temps et d’énergie. J’ai développé les produits à partir de mes propres attentes et habitudes afin de créer une routine beauté qui me corresponde vraiment. Cette année, nous élargissons d’ailleurs davantage la gamme maquillage. Je suis fière du chemin parcouru et du fait que la marque ait réussi à trouver sa place dans un marché aussi concurrentiel depuis maintenant cinq ans.
Avec le recul, je pense que j’ai découvert cet univers avec beaucoup d’enthousiasme et parfois un peu de naïveté, ce qui m’a aussi permis d’apprendre énormément sur le terrain. Mais cela fait partie du processus : on apprend souvent davantage dans les moments plus compliqués. Ma mère m’a toujours dit qu’il fallait savoir se relever et continuer d’avancer, et c’est une mentalité qui m’accompagne encore aujourd’hui. L’important est de rester investie, de continuer à apprendre et de toujours essayer de faire les choses au mieux.
Vivre sous les projecteurs demande forcément de prendre du recul.
ELLE Luxembourg : Que signifie le succès pour vous aujourd’hui, comparé à lorsque vous aviez 16 ans et signiez votre premier contrat musical ?
Victoria Swarovski : Pour moi, le succès est avant tout le résultat d’un travail régulier et de la capacité à durer dans le temps. Je suis fière de ce que mon équipe et moi avons construit au fil des années, même si cela a demandé beaucoup d’investissement et de persévérance. Mais au fond, le succès n’est pas une finalité en soi ; il vient surtout quand on fait les choses avec conviction et passion.
À présent, j’ai évidemment une vision différente de celle que j’avais à 15 ans. Avec le temps, on comprend que certaines choses sont bien plus importantes que la réussite professionnelle, comme la famille, les proches ou la santé. Le reste suit naturellement quand on reste concentré sur ce qui compte vraiment.
ELLE Luxembourg : Vous avez vécu une grande partie de votre vie sous les projecteurs. Comment protégez-vous votre identité dans ce niveau de visibilité ?
Victoria Swarovski : Vivre sous les projecteurs demande forcément de prendre du recul. Quand on est exposé publiquement, chacun se sent libre de donner son avis ou de juger ce que l’on fait. J’accepte les critiques lorsqu’elles sont constructives, mais le reste ne mérite pas vraiment d’attention, donc je préfère ne pas lire ce type de commentaires.
Ce qui m’aide surtout, c’est de préserver un équilibre entre ma vie publique et ma vie privée. Je passe du temps avec mes proches, je protège mon intimité et cela me convient très bien. Au final, le plus important est d’être en paix avec soi-même et avec les choix que l’on fait.
ELLE Luxembourg : Y a-t-il quelque chose que les gens comprennent souvent mal à votre sujet ?
Victoria Swarovski : Certaines personnes ont encore des idées préconçues à mon sujet avant même de me connaître. Elles imaginent que tout a été simple pour moi à cause de mon nom de famille, alors qu’en réalité, rien ne m’a été garanti dans mon parcours.
J’ai parfois eu le sentiment de devoir en faire davantage pour être prise au sérieux ou reconnue à ma juste valeur. Mais avec le temps, j’ai appris à transformer cela en motivation. Évidemment, je sais que mon nom attire l’attention au départ, mais ensuite il faut être capable de faire le travail et de prouver ce que l’on vaut.
ELLE Luxembourg : Vous vous décrivez comme quelqu’un de motivé par la curiosité et les nouveaux défis. Qu’est-ce qui vous intimide encore à l’heure actuelle ?
Victoria Swarovski : J’aime les défis et sortir de ma zone de confort. Je pense qu’il faut profiter des opportunités qui se présentent et ne pas avoir peur d’essayer des choses nouvelles. J’ai la chance de pouvoir vivre des expériences très différentes, et j’ai envie d’en tirer le maximum.
Récemment, j’ai participé au Dakar Rally, qui est probablement l’un des rallyes les plus exigeants au monde. Au milieu du désert, il y a forcément eu des moments de doute, mais c’est aussi ce qui rend l’expérience aussi forte. Aller jusqu’au bout et franchir la ligne d’arrivée a été une immense satisfaction. Terminer le Dakar sans être pilote professionnelle reste quelque chose dont je suis particulièrement fière, et cela me donne encore plus envie de continuer à relever de nouveaux défis.
ELLE Luxembourg : Quand vous vous regardez aujourd’hui, à la veille de présenter l’Eurovision, de quoi êtes-vous la plus fière ?
Victoria Swarovski : Je suis surtout fière d’avoir construit mon propre parcours et de voir tout ce qu’il m’a déjà apporté. Présenter le Concours Eurovision de la chanson représente évidemment une étape importante dans ma carrière, mais je considère surtout cela comme une nouvelle expérience parmi beaucoup d’autres à venir. J’ai encore envie d’apprendre, d’évoluer et de relever de nouveaux défis.
ELLE Luxembourg : Si la Victoria de 16 ans pouvait vous voir aujourd’hui, que pensez-vous qu’elle dirait ?
Victoria Swarovski : La Victoria de 16 ans serait sûrement fière du chemin parcouru. Et je pense que cela lui donnerait encore plus d’envie et de motivation pour poursuivre ses objectifs. J’ai toujours eu l’ambition d’aller plus loin et je crois qu’il ne faut jamais se fixer de limites.
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