Sérum de nuit pour l’émail, gratte-langue, dentifrice aux prébiotiques : si vous pensiez alléger votre routine, c’est raté. Parce que la bouche a désormais ses propres codes. Cette tendance porte un nom : le mouthcare (ou soin de la bouche). Préparez-vous à transformer le brossage de dents en véritable rituel de beauté.

La salle de bains compte déjà un sérum pour le contour des yeux, un autre pour le cou et un baume pour les lèvres ; désormais le sourire a aussi les siens. Concrètement, le mouthcare applique à la bouche la logique du soin de la peau : des actifs ciblés et des textures travaillées, réunis dans une routine en plusieurs étapes. Les marques d’hygiène bucco-dentaire s’aventurent ainsi bien au-delà de la brosse à dents, vers les gencives, la langue ou l’haleine. « On s’est rendu compte que prendre soin de sa bouche ne pouvait pas se résumer au seul brossage des dents », explique Martin Thiebaut, cofondateur de la marque française MyVariations. Et si l’enjeu paraît d’abord esthétique, il relève surtout de la santé : selon l’Organisation mondiale de la santé, la moitié des adultes de la Région européenne souffrent d’une maladie bucco-dentaire, soit le taux le plus élevé au monde. Dont acte.

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Un sourire aux 50 nuances de blanc

Cette nouvelle approche commence par une définition plus large du beau sourire, qui se juge aujourd’hui davantage à sa santé et à son harmonie avec le reste du visage. La blancheur absolue et l’alignement au millimètre passent donc au second plan. « Pour moi, ce qui fait la beauté d’un sourire, c’est la santé et l’harmonie : des dents saines, équilibrées et d’apparence naturelle, en accord avec le visage et les lèvres », explique la Dr Asya Petrova, médecin-dentiste à Luxembourg-ville dont la pratique est tournée vers la dentisterie esthétique. D’autant que la teinte naturelle des dents varie d’une personne à l’autre : une dent en parfaite santé n’a rien d’un blanc éclatant, ce que même les marques qui commercialisent des soins blancheur admettent volontiers. « Un beau sourire, c’est surtout un sourire qu’on a envie de montrer, estime ainsi Martin Thiebaut. Il n’a pas besoin d’être parfaitement blanc ou parfaitement aligné ».

De l’art de la retouche qui ne se voit pas

La demande esthétique progresse pourtant dans les cabinets, mais avec une nouvelle exigence : la discrétion. Les patients veulent améliorer leur sourire, à condition que la retouche ne se remarque pas. « Ils recherchent un sourire dont on ne devine pas s’il est d’origine ou s’il a bénéficié d’une petite intervention du dentiste », observe Asya Petrova. Encore faut-il pouvoir consulter facilement, ce qui est le cas au Grand-Duché : en 2019, seuls 0,4 % des résidents déclaraient avoir renoncé à des soins dentaires dont ils avaient besoin, contre 2,8 % en moyenne dans l’Union européenne, selon le profil de santé du Luxembourg publié par la Commission européenne. À souligner également : au Luxembourg, la CNS rembourse deux détartrages par année civil, une bonne raison de plus pour ne pas manquer ce rendez-vous annuel.

Spoiler alert : l’émail s’affine avec l’âge (et c’est ça qui jaunit les dents)

Les méfaits du temps ne s’arrêtant pas à la peau (hélas), les dents ternissent elles aussi en vieillissant. L’émail s’use en effet et laisse davantage apparaître la dentine, la couche naturellement jaune située à l’intérieur de la dent. À cela s’ajoutent la plaque et le tartre, mais aussi le café, le thé et le tabac, qui colorent leur surface.

Si les soins du quotidien peuvent atténuer ces taches, éclaircir la teinte de la dent elle-même suppose de passer par la case blanchiment, chez un dentiste. La réglementation l’impose d’ailleurs : depuis une directive européenne de 2011, les produits vendus au grand public ne peuvent pas contenir plus de 0,1 % de peroxyde d’hydrogène, l’actif des blanchiments. Au-delà, et jusqu’à 6 %, leur vente est réservée aux chirurgiens-dentistes, pour des patients adultes, après un examen clinique. Car mal utilisés, ces produits peuvent provoquer une hypersensibilité au froid, fragiliser l’émail et irriter les gencives. C’est pourquoi Asya Petrova conseille de commencer par un bilan et un nettoyage, pour vérifier que les dents et les gencives sont en bonne santé, et de fuir les remèdes maison comme les produits achetés sur Internet. Une fois ces précautions prises, le traitement tient ses promesses. « C’est un traitement simple, qui peut faire une vraie différence dans l’esthétique du sourire », souligne-t-elle.

Des bactéries chromogènes qui font tache

Pour préserver cet éclat au quotidien, une autre piste, moins invasive, se dessine : après la peau et l’intestin, le microbiote de la bouche est lui aussi sous le feu des projecteurs. À raison, car la bouche abrite en effet environ 700 espèces de micro-organismes, dont certaines bactéries, dites chromogènes, produisent des pigments qui tachent la surface des dents. C’est sur cet équilibre que la marque française The Smilist a bâti ses formules, en associant prébiotiques et enzymes de grenade. La marque reste toutefois mesurée sur leurs effets : « Prendre soin de son microbiote ne va pas modifier la teinte intrinsèque des dents. En revanche, préserver l’équilibre buccal, limiter la plaque et les dépôts contribue à révéler et maintenir leur éclat nature ». Son Sérum Émail Blancheur Nuit s’applique ainsi le soir sur des dents sèches et propres, à la manière d’un soin de nuit pour le visage. La marque annonce jusqu’à 42 % de blancheur en plus après un mois, d’après un test instrumental mené sur neuf volontaires.

Aimee Lou Wood / ©Spotlight Chloe cel F26

Les gencives sortent de l’ombre

Reste un élément trop longtemps absent des critères esthétiques : les gencives, qui passent à présent au premier plan. Rouges ou gonflées (comprenez inflammées), elles éteignent l’effet des plus belles dents. Les dentistes travaillent donc l’harmonie de l’ensemble formé par les dents, les gencives et les lèvres, en commençant par… la santé. Back to basics. « Un beau sourire commence par des gencives saines : leur soin passe avant tout traitement esthétique », insiste Asya Petrova. Des saignements au brossage, signe d’une inflammation, justifient ainsi une consultation, d’autant qu’au Luxembourg la CNS prend en charge les soins des gencives. En parallèle, les soins dédiés se multiplient dans la salle de bains, à l’image de la gamme de The Smilist formulée à l’acide hyaluronique végétal et à l’aloe vera.

La langue, première source de mauvaise haleine

Autre composante du sourire, invisible celle-là, mais bien présente lors du premier date : l’haleine. Dans 80 à 90 % des cas, la mauvaise haleine prend sa source dans la bouche, selon l’Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD), et la langue en est la principale responsable. Les bactéries s’accumulent en effet à l’arrière de sa surface et produisent des composés soufrés malodorants. L’UFSBD recommande donc de la nettoyer en douceur, en insistant sur la partie arrière, lorsqu’un dépôt est visible. Résultat : le gratte-langue, longtemps réservé aux initiés, rejoint lui-aussi la panoplie mouthcare parfaite.

Pour compléter ce geste, les bains de bouche ont aussi leur rôle à jouer. L’UFSBD range la chlorhexidine et les formules au zinc parmi les antiseptiques à l’efficacité démontrée. CB12, du laboratoire Cooper, associe justement les deux, sous forme d’acétate de zinc, pour neutraliser les composés odorants plutôt que les masquer. Sa dernière formule, CB12 16H, promet ainsi une haleine fraîche pendant seize heures. Elle est sans alcool, pour ne pas dessécher la bouche, et enrichie en fluor pour protéger l’émail.

Le grincement de dents, usure nocturne

La nuit fait aussi des dégâts. Le grincement et le serrement des dents pendant le sommeil, appelés bruxisme, figurent en effet parmi les problèmes que les patients négligent le plus. Asya Petrova reçoit d’ailleurs de plus en plus de patients aux dents usées. Beaucoup mettent ce réflexe sur le compte du stress professionnel ou d’une période difficile, et finissent par le considérer comme normal. Si bien que lorsqu’ils consultent enfin, l’usure est déjà avancée et demande davantage de soins. Le dentiste peut alors proposer une gouttière à porter la nuit.

Hydropulseur, brosse sonique et stérilisateur UV

Au quotidien, la routine s’organise ainsi en étapes, comme vous le feriez pour votre visage ou vos cheveux. MyVariations, dont les produits sont recommandés par les chirurgiens-dentistes de l’UFSBD, a imaginé une routine simple en 3 étape : l’hydropulseur nettoie d’abord les espaces interdentaires et masse les gencives, puis la brosse à dents sonique s’utilise avec un dentifrice adapté à ses besoins, et le stérilisateur UV assainit enfin la brosse entre deux utilisations (car oui, les vilaines bactéries ne disparaissent pas une fois la brosse à dents rincée). Pour l’éclat, la constance l’emporte toutefois sur les méthodes intensives. « Comme pour la peau, les résultats viennent surtout d’une bonne routine suivie dans le temps », rappelle The Smilist. « Un beau sourire est un sourire qui reflète pleinement votre personnalité », conclut Asya Petrova.

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