Du 5 au 15 mars 2026 se tiendra à Luxembourg la 16ᵉ édition du Luxembourg City Film Festival, un festival qui, cette année, se décline sous la teinte du rose.

De l’affiche à une partie de la programmation, l’événement se pare d’une couleur inattendue : le rose. Un rose électrique, loin des romances sages à l’eau de rose. Cette couleur devient au contraire envoûtante, parfois inquiétante, et met au jour les fractures de notre époque. Faut-il voir des films pour oublier le monde ou pour mieux l’affronter ? La richesse de la programmation du LuxFilmFest 2026 permettra à chacun d’apporter sa propre réponse. 

Un festival comme sismographe du présent

Portés par un même élan, la plupart des films racontent des histoires intimes qui percutent de plein fouet les bouleversements contemporains. Familles en mutation, identités fragmentées : les courts et les longs métrages de cette édition agissent comme un sismographe sensible. « Cette édition accompagne le spectateur dans son exploration grâce à une nouvelle labellisation des œuvres », signale Chiara Lentz, coordinatrice de programmation artistique :  Icons, Prestige, Agora ou encore New Vision, autant de chemins possibles dans la constellation filmique proposée. De même la géographie du festival évolue : le temps des travaux de sa rénovation complète, la Cinémathèque de Luxembourg s’installe au Théâtre des Capucins. 

Lire aussi : Que faire en mars 2026 au Luxembourg ?

ROSE OF NEVADA © Ian Kingsnorth, Bosena

Une programmation éclectique 

Sous l’égide d’un jury international présidé par le réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen, le LuxFilmFest s’ouvrira avec Rose de Markus Schleinzer, porté par l’exceptionnelle Sandra Hüller. Ce drame historique, austère et tourné en noir et blanc, explore l’identité et l’acceptation dans une approche résolument contemporaine, loin du simple film d’époque.  Le 14 mars, la cérémonie de remise des prix prendra une tonalité gothique flamboyante avec The Blood Countess de Ulrike Ottinger. Inspiré de la figure historique d’Elizabeth Báthory, ce film de vampires baroque et mystérieux mêle humour noir et irrévérence jubilatoire. En clôture, Rosebush Pruning du cinéaste Karim Aïnouz proposera une variation libre et déjantée autour du chef-d’œuvre italien de 1965 de Marco Bellocchio, Les Poings dans les poches. Le festival rendra également hommage à Isabelle Huppert, invitée d’honneur et lauréate du Talent Award 2026. Muse insaisissable, l’actrice incarne depuis près de cinquante ans un cinéma audacieux. Particularité du festival, certains films en compétition officielle seront présentés en présence de leurs réalisateurs, favorisant ainsi un dialogue direct avec le public.

Les films Rose de Markus Schleinzer et Rose of Nevada de Mark Jenkin évoquent la couleur rose dans son ambivalence et son prisme à travers lequel se révèlent les tensions et les fragilités du monde contemporain. Rose, de Markus Schleinzer, drame historique situé au lendemain de la guerre de Trente Ans, ouvre le parcours des cinéphiles ou des curieux. Avec Rose of Nevada, Mark Jenkin livre un récit intime porté par une étrange poésie du réel. Souvenirs mêlés de douceur et de douleur dans Blue Heron, un film que viendra accompagner sa réalisatrice Sophy Romvari. Feels Like Home de Gábor Holtai déploie une allégorie puissante des menaces du totalitarisme.

© Paradiso Films / Rose

Dans How to Divorce during the War, présenté par Andrius Blaževičius, un amour s’éteint sur fond de guerre. Human Resource dresse quant à lui le portrait d’une Thaïlandaise confrontée aux bouleversements de son pays. Chronique d’apprentissage incisive au cœur de la communauté dominicaine du Bronx, Mad Bills to Pay (or Destiny, dile que no soy malo) sera accompagnée par son réalisateur Joel Alfonso Vargas. Avec My Father’s Shadow Akinola Davies Jr. compose le récit d’une journée à Lagos, vécue à hauteur d’enfant. Enfin, Nina Roza de Geneviève Dulude-De Celles propose une réflexion subtile sur la mémoire, l’art et les flux migratoires. Drames historiques et regards engagés sur le monde contemporain, témoignent de l’ouverture du festival à des formes multiples suscitant l’imaginaire du spectateur. 

À lire aussi : Marie Jung, l’âme d’une artiste

Entre conte et dystopie

Parmi les événements attendus, la projection le 8 mars de The Wolf, the Fox and the Leopard de David Verbeek, un drame dystopique présenté dans la section Made in/with Luxembourg, un long-métrage à la croisée du conte moderne et de la fable écologique. Le film évoque la vie d’une jeune femme élevée par des loups confrontée à une humanité en pleine crise environnementale. La performance habitée de Jessica Reynolds y dialogue avec plusieurs talents luxembourgeois, dont Marie Jung dans le rôle de Wyona. 

luxfilmfest.lu 

À découvrir également

  • À découvrir au Cercle Cité, dans le cadre du Luxembourg City Film Festival et jusqu’au 6 avril l’exposition Here Comes the Sun est une expérience immersive qui explore les liens entre art, énergie et intelligence naturelle, à travers les langages visuels du cinéma.
  • Présenté simultanément à neimënster, au Mudam et à la Villa Louvigny, l’Immersive Pavilion 2026 réunit des œuvres en réalité virtuelle, augmentée et mixte, invitant le public à voyager dans des univers sensoriels où cinéma, technologie et imagination ne font plus qu’un.
  • La programmation Jeune Public propose une sélection internationale et nationale de films en incluant des avant-premières, des animations et des ateliers pédagogiques pour tous les âges. 

À lire sur le même thème

Romans gothiques : 4 classiques de la littérature adaptés au cinéma

Ruth Lorang : aux Rotondes, transmettre aux enfants l’histoire des femmes oubliées

Azélie Fayolle : « lire, c’est déjà prendre position »