Romans noirs, portraits de femmes, chroniques familiales : voici la sélection ELLE Luxembourg des livres de poche à dévorer cet été.

Thriller américain, saga familiale sicilienne, roman fantastique, essai féministe, Toni Morrison, Monica Sabolo, Chimamanda Ngozi Adichie : voici une sélection aussi éclectique que nos étés. Des classiques qu’on n’avait jamais pris le temps d’ouvrir, et trois vraies nouveautés poche de 2026 qu’on attendait depuis leur sortie en grand format. À tous mettre illico dans sa valise.

La sélection ELLE Luxembourg des 12 livres de poche à mettre dans sa valise de toute urgence

Les nouveautés poche de 2026

Les Frères Holt, Marcia Davenport, trad. France de Bardy (Folio, mai 2026)

New York, milieu du XXe siècle. Seymour et Randall Holt, deux frères issus de la bonne bourgeoisie new-yorkaise, riches, talentueux, promis à un grand avenir, sont retrouvés morts dans leur manoir en ruine, enfouis sous des années d’objets et de détritus accumulés. Comment en sont-ils arrivés là ? Inspiré d’un fait divers qui avait secoué l’Amérique des années 40, Marcia Davenport retrace le destin de ces deux frères dans un récit tragique et envoûtant. Un roman-fleuve redécouvert, qui n’a pas pris une ride.

Je le veux !

Dors ton sommeil de brute, Carole Martinez (Folio, juin 2026)

Eva et sa fille Lucie ont fui Paris pour une maison isolée en Camargue. Un soir, Lucie hurle dans son sommeil sans qu’on puisse la réveiller, tandis qu’Eva découvre, coupée du monde qu’elle est, qu’un rêve collectif traverse tous les enfants de la planète à mesure que la nuit avance. Carole Martinez construit un récit envoûtant, à la croisée de la fable écologique, du réalisme magique et du portrait maternel. Un titre absolument impossible à lâcher.

Je le veux !

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L’Inventaire des rêves, Chimamanda Ngozi Adichie, trad. Blandine Longre (Folio, mars 2026)

Dix ans après Americanah, Adichie revient avec quatre femmes d’Afrique de l’Ouest dont les destins s’entrelacent. Chiamaka, écrivaine nomade issue d’une famille huppée du Nigeria. Zikora, avocate meurtrie par une rupture. Omelogor, femme d’affaires brillante qui plaque tout pour combattre les injustices. Kadiatou, gouvernante guinéenne dont le rêve américain bascule dans un hôtel de luxe. Un roman ample, tranchant, sur la fidélité à soi-même et le prix de l’émancipation.

Je le veux !

Les Malarazza, Ugo Barbàra, trad. Romane Lafore (Folio, avril 2026)

« Mon père aurait été un bon père s’il n’avait pas tué ma mère ». Le ton est donné dès l’incipit. Sicile, 1860, Garibaldi s’apprête à débarquer. Antonio Montalto échange ses vignes contre un voilier et embarque toute sa famille pour New York. Sa femme Rosaria, pragmatique et redoutable, comprend vite que les immigrants italiens ne font pas confiance aux banques américaines, et décide d’en créer une. Une saga qui parcourt trois continents et plusieurs décennies, portée par des personnages inoubliables. Le page-turner ultime de l’été, best-seller mondial.

Je le veux !

Les classiques à (re)découvrir en poche

Petits secrets, grands mensonges, Liane Moriarty (Le Livre de Poche)

Un must-read qu’on a peut-être encore remis à plus tard. À la fête de l’école, quelqu’un est mort : meurtre ou accident, personne ne sait vraiment. Trois femmes, leurs ex-maris, leurs familles recomposées, leurs mensonges soigneusement entretenus. Liane Moriarty a un don particulier pour vous emmener là où vous ne pensiez pas aller. Vous pensiez lire une comédie de mœurs sur des quartiers résidentiels australiens ? Vous voici plongées au cœur d’un thriller psychologique. HBO en a d’ailleurs tiré l’excellente série Big Little Lies avec Nicole Kidman et Reese Witherspoon (et dont la saison 3 est annoncée, ndlr.), mais, sincèrement, le roman va bien plus loin. Tellement addictif, et plus subtil qu’il n’y paraît.

Je le veux !

The Girls, Emma Cline, trad. Jean Esch (10/18)

Californie, fin des années 60. Evie Boyd a quatorze ans, elle s’ennuie, ses parents viennent de divorcer. Elle croise dans un parc un groupe de filles plus âgées, plus libres, un peu étranges. Elle les suit, d’abord par fascination pour l’une d’elles, Suzanne. Sans s’en rendre compte, elle se retrouve embarquée dans une secte au leader charismatique, en route vers un destin funeste. Emma Cline ne raconte pas tant les faits que le mécanisme : comment une adolescente en manque d’appartenance devient perméable à tout. Troublant et précis.

Je le veux !

Crans-Montana, Monica Sabolo (Pocket)

On les appelait les trois C. Chris, Charlie, Claudia : trois filles de bonne famille, fascinantes et insaisissables, qui passaient leurs vacances dans la très chic station suisse. Monica Sabolo les observe depuis le regard des garçons qui les convoitaient, et remonte le temps pour révéler les fêlures sous le vernis. Court, dense, mélancolique. Un roman qu’on lit d’une traite et dont on sort avec la très nette impression d’avoir touché quelque chose d’inavouable. Un excellent roman pour découvrir l’univers littéraire tortueux de Monica Sabolo.

Je le veux !

La Soustraction des possibles, Joseph Incardona (Pocket)

Genève, fin des années 80, l’époque bénie des winners. Svetlana est jeune financière ambitieuse. Aldo est prof de tennis vaguement gigolo. Ils s’aiment, mais veulent plus ; plus d’argent, plus de pouvoir. Leur chance, ce sont des fortunes en transit. Incardona fait tourner la mécanique du drame à coup de formules cinglantes, dans un décor de villas sur le lac et de bureaux sécurisés. Noir, élégant, implacable. Le roman qu’on conseille à ceux qui pensent ne pas aimer les polars.

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La Villa, Peter Nichols, trad. Sarah Tardy (10/18)

Après s’être soigneusement évités pendant cinquante ans, deux octogénaires se croisent au marché d’une petite ville de Majorque. Lulu et Gerald se vouent une haine aussi féroce que durable. Autrefois, ils étaient fous amoureux : c’était en 1948, l’année de leur mariage et de leur divorce. Peter Nichols remonte le temps à rebours, par strates, pour révéler ce qui s’est passé, soit un demi-siècle de désirs insatisfaits, de trahisons et de malentendus sous le soleil méditerranéen. Construction ingénieuse, personnages auxquels on finit par tenir.

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D’ailleurs, Les Poissons n’ont pas de pieds, Jón Kalman Stefánsson, trad. Éric Boury (Folio)

Ari, éditeur islandais installé au Danemark, reçoit un colis de souvenirs envoyé par son père. Il rentre en Islande. Stefánsson remonte trois générations d’une même famille, le grand-père capitaine, la grand-mère Margrét à la sensualité rare, la mère disparue, pour couvrir un siècle d’histoire islandaise. L’air marin, les terres âpres, le poids de ce qu’on transmet sans le vouloir. Un roman lent, poétique et profond. Meilleur roman étranger Lire, 2015.

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Délivrances, Toni Morrison, trad. Christine Laferrière (10/18)

Bride est née trop noire dans une famille métisse. Sa mère l’a rejetée dès la naissance. En grandissant, elle a fait de sa couleur un bouclier, un atout revendiqué. Mais une rupture, une rencontre cauchemardesque, et tout s’effondre. Morrison (Prix Nobel de littérature 1993, ndlr.) explore la culpabilité et le sentiment d’abandon sur fond de racisme contemporain. Court, dévastateur, magistral. Le dernier roman publié de son vivant.

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Vieille fille, Marie Kock (Pocket)

Qu’est-ce qu’on fait quand la vie vous retire du game et que la société vous colle l’étiquette la moins glamour qui soit ? Marie Kock, journaliste, et vieille fille assumée, prend le contre-pied. Elle mêle récit personnel, pop culture et études sociologiques pour réhabiliter une figure unanimement décriée. Drôle, audacieux, libérateur. Une réflexion sur la solitude choisie et ce qu’on gagne à s’en éloigner de la norme.

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