Marilyn Monroe aurait eu 100 ans en 2026. Plus de six décennies après sa mort, l’actrice reste l’une des figures les plus fascinantes du cinéma hollywoodien. Retour sur le parcours d’une femme qui n’a jamais cessé de lutter contre l’image que Hollywood avait construite pour elle.

Récemment projeté dans le cadre du City Open Air Cinema de la Cinémathèque, Niagara1, d’Henry Hathaway, rappelle une facette souvent oubliée de Marilyn Monroe2. Sorti en 1953, le film la met en scène à un tournant de sa carrière, loin des rôles qui contribueront ensuite à figer son image. Elle y incarne un personnage sombre et plus complexe, révélant une palette de jeu plus large que l’image de blonde légère qui s’imposera par la suite. Sa présence à l’écran, à la fois sensuelle et nuancée, va au-delà des clichés qui lui seront associés.

Marilyn Monroe, au-delà de la blonde mythique

Née Norma Jeane Mortenson, Marilyn Monroe n’a jamais cessé de lutter contre le personnage qui a été façonné par les studios hollywoodiens. Derrière le mythe se dessine le parcours d’une actrice ambitieuse. Dès ses débuts à Hollywood, les producteurs comprennent le potentiel commercial de cette jeune mannequin et construisent autour d’elle une image reconnaissable entre toutes : celle d’une ingénue blonde glamour. Ils façonnent alors une image devenue indissociable de Marilyn : sa voix, sa démarche, ses robes et jusqu’à sa couleur de cheveux contribuent à créer un personnage qui finit par éclipser l’actrice.

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Et pourtant, entre 1946 et 1962, Marilyn Monroe tourne trente-deux longs métrages et devient l’une des grandes vedettes de la 20th Century Fox. Mais cette célébrité repose sur un paradoxe : admirée dans le monde entier, elle reste longtemps enfermée dans des rôles de « blonde naïve » ou de femme fatale, qui occultent son travail d’interprète. Son physique spectaculaire contribue à sa renommée mais devient un obstacle à la reconnaissance de son talent. Cultivée, curieuse, passionnée de littérature, Marilyn Monroe travaille avec exigence ses rôles et va chercher rapidement à s’affranchir des limites imposées par son apparence.

Une actrice en quête de liberté artistique

Au fil de ses films, Marilyn Monroe tente d’imposer une image plus nuancée d’elle-même. Ses fragilités personnelles et sa vie privée mouvementée occupent souvent l’espace médiatique, mais elles ne résument pas le parcours d’une artiste qui, en 1955, au sommet de sa carrière, prend une décision audacieuse : elle rompt avec la 20th Century Fox, quitte Hollywood pour New York et suit les cours de l’Actors Studio auprès de Lee Strasberg. Elle franchit également  une étape décisive dans sa quête d’indépendance en créant sa propre société de production, Marilyn Monroe Productions Inc avec le photographe et ami Milton Greene. Cette initiative lui permet de reprendre davantage le contrôle de ses choix artistiques. Elle devient ainsi l’une des premières actrices à créer sa propre structure de production ce qui est très rare pour une femme de son époque.

© ParkCircus

Du mythe hollywoodien à une figure contemporaine

Plus de soixante ans après sa mort, Marilyn Monroe fascine plus que jamais comme symbole éternel du glamour hollywoodien et figure légendaire du cinéma. Devenue une référence pour des artistes comme Madonna, Beyoncé ou Margot Robbie, sa trajectoire nourrit les réflexions contemporaines sur la représentation féminine dans le 7e art. Son image, façonnée par les studios, est aujourd’hui relue au travers d’approches féministes contemporaines, qui interrogent la manière dont l’industrie du cinéma construit et exploite la plastique et les personnages publics des comédiennes d’aujourd’hui.

Bien avant l’ère des réseaux sociaux, Marilyn Monroe incarnait déjà les contradictions de la célébrité moderne : être admirée par des millions de personnes tout en restant prisonnière d’une image qui ne reflète qu’une partie de soi. Longtemps associée au seul fantasme hollywoodien, elle incarne l’artiste confrontée à un système qui a exploité son apparence en minimisant ses ambitions. L’ambivalence de son héritage, cette tension entre la femme et le personnage éclairent de nos jours, la pérennité de Marilyn Monroe dans l’imaginaire collectif.

1Niagara de Henry Hathaway.Niagara de Henry Hathaway. Dans ce film noir de 1953, un jeune couple en lune de miel (les Cutler) découvre que leurs voisins de chambre (les Loomis) sont en pleine crise. Rose Loomis ((Marilyn Monroe), une femme séduisante et mystérieuse, nourrit un projet meurtrier avec son amant pour se débarrasser de son mari jaloux. (Joseph Cotten). Mais le plan va rapidement basculer, entraînant les personnages dans une spirale tragique où se mêlent passion et manipulation dans le décor surnaturel des chutes du Niagara

2Marilyn Monroe (1926-1962) née Norma Baker (ou Mortenson). Elle est retrouvée morte le 5 août 1962. Elle avait 36 ans.

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