Dès le 6 juillet, les Rencontres d’Arles consacrent une exposition inédite à Edward Steichen. Quatre-vingts œuvres, dont plusieurs jamais montrées, révèlent l’obsession méconnue du photographe luxembourgeois pour l’horticulture et les fleurs. Un pan secret de sa carrière, mis en dialogue avec l’artiste contemporaine Lisa Oppenheim.

Photographe, peintre, botaniste, inventeur, designer textile, collectionneur, cinéaste. Artiste contemporain et novateur, Edward Steichen est un précurseur aux multiples talents. Pionnier du pictorialisme, photographe de mode et portraitiste, designer ou encore commissaire d’exposition. Capable d’expérimenter des disciplines variées alternant entre horticulture, design, édition et image et photographie. Perfectionniste insatiable, il développe de nouvelles techniques de prise de vue, s’emparant de chaque innovation avec une curiosité presque scientifique.

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La nature, obsession secrète d’Edward Steichen

Bien au-delà du simple sujet photographique, la nature représente pour Edward Steichen un véritable terrain d’expérimentation. Horticulteur passionné, il hybride lui-même les fleurs, crée de nouvelles variétés d’iris et poursuit inlassablement une quête de perfection, notamment autour d’un bleu devenu légendaire. Son engagement est tel qu’il remporte même une médaille d’or d’horticulture. La nature est partout dans l’œuvre de Steichen. Une fois ce prisme adopté, elle apparaît dans ses portraits, ses commandes, ses compositions les plus célèbres. Comme un motif discret mais constant qui traverse toute son œuvre.

« Si ce travail consacré à la nature demeure largement méconnu, c’est précisément cette facette plus confidentielle, plus secrète de son œuvre que nous avons souhaité révéler » explique Christoph Wiesner, directeur des Rencontres d’Arles. Un rêve devenu réalité pour toute une équipe de professionnels. Fruit d’une énergie collective incomparable, initiée par l’association luxembourgeoise Lët’z Arles. « Nous ne pouvions rêver mieux comme cadeau d’anniversaire pour nos 10 ans : pouvoir exposer au public cet immense artiste patrimonial » explique Florence Reckinger Taddeï, présidente de l’association.

Intitulée La Nature de Steichen, l’exposition inattendue met en lumière combien la nature a fait partie de la vie personnelle et professionnelle de l’artiste. « Pour Steichen, culture des fleurs et photographie étaient étroitement liées. Il s’agissait de deux manières de donner vie à l’art de la nature et de la partager avec le monde », souligne Ruud Priem, commissaire de l’exposition.

©MNAHA

80 œuvres inédites, entre archives familiales et prêts internationaux

Qu’en est-il du parcours ? Un corpus de 80 œuvres remarquables dont certaines jamais exposées. Toutes portant sur la passion rarement explorée de l’artiste pour les fleurs et la nature. Un projet collectif exceptionnel, rendu possible grâce aux prêts inédits de la famille et à la mobilisation des institutions luxembourgeoises et internationales. L’ambition ? Montrer combien l’héritage de Steichen résonne encore avec les préoccupations contemporaines. À l’instar de ce film exceptionnel découvert dans les collections du MOMA, consacré à l’évolution de son amélanchier (Shadblow Tree). Au fil des saisons, l’artistes étudie méthodiquement les transformations de cet arbre, le filmant pendant près de dix ans. Saisie instant après instant, l’expérience de la nature apparait comment une performance continue et dynamique.

Comment ? En créant un dialogue entre Edward Steichen et le travail de l’artiste contemporaine Lisa Oppenheim. Déjà exposée au Mudam en 2025, cette dernière choisit de prolonger l’héritage de l’artiste pluridisciplinaire luxembourgeois. Sa passion pour les fleurs, notamment les Delphinium. Ses créations textiles. Ses expérimentations avec la photographie couleur. Inspirée par l’iris « Monsieur Steichen », Lisa Oppenheim développe une série d’œuvres mêlant une technique chère à Steichen, le « dye transfer », aux outils contemporains, y compris l’intelligence artificielle. Un dialogue inattendu, mais fidèle à l’esprit d’innovation qui a animé l’artiste tout au long de sa carrière.

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Trois raisons de ne pas manquer cette exposition

  • Parce qu’elle révèle un Steichen inédit. Pour la première fois, vie personnelle et parcours artistique sont réunis dans un même récit.
  • Parce qu’elle rassemble des œuvres exceptionnelles. Photographies issues des collections nationales, archives privées et documents familiaux dialoguent dans un ensemble sans précédent.
  • Parce qu’elle montre combien son œuvre reste actuelle et inspirante pour des artistes contemporaines comme Lisa Oppenheim. Son rapport à la nature, son intérêt pour l’innovation et sa liberté créative résonnent étonnamment avec les préoccupations de notre époque.

©MNAHA

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Rencontres photographiques d’Arles, du 6 juillet au 4 octobre 2026
Où ? Mécanique Générale, Parc des Ateliers, LUMA, Arles, France

Infos pratiques :

  • Billeterie sur rencontres-arles.com – Gratuit pour les moins de 18 ans, Ouverture de 9h30 à 19h30 tous les jours, week-ends et jours fériés inclus.
  • Pour plus d’informations : letzarles.lu

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