Depuis plusieurs années, les discours masculinistes prennent une ampleur toujours plus grande sur les réseaux sociaux comme dans l’espace public. Des paroles décomplexées aux actes délictueux, voire criminels, il n’y a souvent qu’un pas que d’aucuns n’hésitent plus à franchir.
Les violences sexistes et sexuelles sont un fléau dont les femmes restent les cibles, même et surtout en 2026. Ces violences détruisent des vies quand elles ne tuent pas. Ceci malgré les actions de sensibilisation régulières, citons, par exemple, l’Orange Week au Luxembourg ou la marche organisée par l’Asbl Ask for Angela le 2 octobre prochain à Hamilius. Malgré la mobilisation infatigable des militants à travers le pays, rien ne semble pouvoir y faire pour réveiller les consciences endormies ou indifférentes. Trop de drames noircissent les colonnes des « faits divers » dans les journaux au Luxembourg, sans susciter une véritable indignation collective et surtout durable. Trop de témoignages de victimes sont invisibilisés, dénigrés, contestés. Et trop de voix qui osent s’exprimer font l’objet de menaces récurrentes qui les musellent.
« Le silence est un redoutable allié de la violence »
Il ne faut pour autant pas céder à une forme de fatalisme. On peut toutes et tous agir, à tous les niveaux, pour que la haine des femmes ne devienne pas endémique. La banalisation n’a pas sa place dans la société. Ni nulle part ailleurs. « La violence faite aux femmes n’est pas un terrain de jeu. Banaliser des comportements problématiques ouvre la voie à accepter l’inacceptable », tient à rappeler Marie-Adélaïde Leclercq-Olhagaray, directrice de publication ELLE Luxembourg. Ce n’est pas une question à débattre, c’est notre boussole.
Fermer les yeux quand ça nous arrange n’est pas une option. À nous toutes et tous, collectivement, de regarder les choses en face et de dénoncer haut et fort les dérapages qui ouvrent la porte à toujours plus. Car le silence est un redoutable allié de la violence, qu’importent les commentaires réactionnaires. « On nous dit constamment que nous réagissons de manière excessive. C’est vous qui sous-réagissez », souligne Ask for Angela. C’est tout l’enjeu de sa campagne SousRéaction, permettant aux personnes qui se sentent en insécurité, harcelées, dépassées ou vulnérables de demander très simplement de l’aide à du personnel formé ou à des bénévoles présents lors d’événements.
Les propos et comportements haineux à l’égard des femmes ne sont pas acceptables, même sous le prétexte de l’humour. La vigilance de tout-un-chacun demeure plus que jamais essentielle.