Parmi les thrillers frissonnants d’Halloween et les comédies romantiques de Noël, faites de la place pour des séries qui font veiller tard. Voici une sélection ELLE Luxembourg des pépites à découvrir et d’incontournables à revoir.
La saison des séries à binge watcher, durant les longues soirées d’hiver, est ouverte. Drapée sous la couette ou confortablement lovée au creux du canapé, infusion bien chaude entre les mains, difficile de ne pas enchaîner les épisodes jusqu’à ce que les paupières capitulent. Comme un bon bouquin qu’on ne peut pas lâcher avant le point final. D’ailleurs, nombre de fictions actuelles sont des adaptations littéraires.
À l’est d’Eden : entre le bien et le mal
Netflix a sorti récemment plusieurs pépites des plus addictives. C’est le cas d’À l’est d’Eden, tirée du roman de John Steinbeck qui revisite le mythe d’Abel et Caïn à l’aube du XXème siècle. Longtemps contraints à une rivalité entretenue par leur père autoritaire, Charles et Adam Trask retrouvent leur complicité à son décès. L’amour fraternel est de nouveau mis à mal lorsqu’arrive Cathy (Florence Pugh), grièvement blessée dans des circonstances troubles. Charles ne cache pas sa méfiance à l’égard de l’inconnue dont Adam ne quitte pas le chevet.
Contrairement au point de vue de Steinbeck, l’adaptation par Zoe Kazan recentre le récit autour de cette anti-héroïne consciente de son pouvoir de séduction et dénuée de toute empathie. On suit ainsi le destin d’une femme en quête d’émancipation de la figure masculine et d’indépendance financière, qui semble mener tous ceux qui l’entourent à leur perte. Si le fil de la narration est par moments décousu, l’intrigue reste suffisamment bien ficelée pour dévorer les sept épisodes d’une traite.
On tombe complètement dans Le Piège
Autre ambiance, tout aussi prenante, dans Le Piège. La mini-série allemande en six épisodes, également inspirée d’un best seller signé Mélanie Raabe, sonde la psychologie complexe de Lisa Konrad. Traumatisée par l’assassinat de sa sœur, voilà dix ans que cette écrivaine à succès n’a littéralement pas mis un pied dehors ni jamais accordé d’interview. Un jour, devant la télévision, elle pense reconnaître le meurtrier qu’elle avait aperçu sur les lieux du crime. Il est journaliste pour un grand média. Lisa élabore alors un plan audacieux pour l’attirer à elle et le pousser aux aveux. Leur rencontre, constamment sous tension, se développe dans un huis-clos oppressant et un jeu de manipulation redoutable. Le piège se referme davantage sur le spectateur, pris à témoin et baladé d’une théorie à l’autre : les doutes persistent jusque dans un plot twist déconcertant que l’on ne voit pas venir.
Lizzie Borden : Vicky Krieps, l’associée du diable
Amatrices d’effusion sanglante et de true crimes, ouvrez le quatrième volet de la collection « Monster » de Ryan Murphy. Après Dahmer, les frères Menendez et Ed Gein, le maître de l’anthologie horrifique s’intéresse enfin à une femme, Lizzie Borden. Son histoire a défrayé la chronique en 1892 : elle fut accusée d’avoir sauvagement assassiné à coups de hache son père peu aimant et son odieuse belle-mère. Bien qu’elle ait été acquittée, son innocence a toujours été remise en question. Dès les premières minutes, la série en huit épisodes nous plonge dans le bain… de sang, avant de dérouler l’intrigue qui mène au drame.
Campée par Ella Beatty, Lizzie est la cadette de deux sœurs d’une riche famille victorienne du Massachusetts dont l’aînée, fiancée, a quitté la demeure toxique dans laquelle les domestiques ne résistent pas à la tyrannie de la marâtre. Jusqu’à Bridget Sullivan, brillamment portée par la comédienne luxembourgeoise Vicky Krieps (déjà présente au casting d’Ed Gein), faussement docile et intrigante. La série prend une grande liberté scénaristique avec des inventions plus ou moins appréciées. Notamment cette liaison dangereuse entre Lizzie et Bridget, et surtout l’apparition anachronique d’une autre criminelle célèbre.
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Below : la partie émergée de l’iceberg
Changement total de registre avec Below, thriller social sur fond d’urgence écologique. Nous voici dans un village isolé de Terre-Neuve, au Canada. En raison de la surexploitation des océans, les pêcheurs du coin survivent en récoltant des fragments d’icebergs pour un producteur de vodka à la mainmise sur toute l’économie locale. L’apparition d’un gigantesque iceberg à la dérive suscite une vague d’espoir autant qu’elle cache une menace insoupçonnée. Seuls un habitant, incarné par Josh Hartnett, et une scientifique prennent la mesure du danger qui guette. Les six épisodes baignent dans une atmosphère pesante du fait d’une inquiétante présence sous-marine, contrastant avec la légèreté régnant au sein de la communauté. Derrière sa simplicité trompeuse, Below explore la folie destructrice des hommes et leur cupidité maladive. Pour délivrer un message : la nature ne donne rien sans contrepartie.
Blood : tout ce qu’on aime dans un drame familial
La plateforme Arte.tv n’est pas en reste en termes de séries captivantes. Parmi les derniers ajouts, Blood (disponible aussi sur Canal+) nous embarque pour deux saisons dans l’intimité d’une famille irlandaise déchirée. Cat revient dans sa commune natale pour les funérailles de sa mère, victime d’un décès a priori accidentel. Les liens de la jeune femme avec les siens, sérieusement distendus, vont se rompre quand elle porte des soupçons sur son propre père. Il faut dire que ce médecin respecté n’a rien du veuf éploré. Sa défunte épouse n’est pas encore inhumée qu’il a déjà le cœur à refaire sa vie avec sa maîtresse. Ses contradictions sur les circonstances du drame poussent Cat à exhumer de sombres secrets de famille, où les uns et les autres traînent leur lot de mensonges. Mais la somme des certitudes suffit-elle à établir la vérité ? L’ensemble souffre parfois de quelques lenteurs, une temporalité toutefois utile pour mieux cerner les personnages.
Prisonnière 951 : un combat poignant pour la liberté
Inspirée d’une histoire vraie, Prisonnière 951 se déroule en quatre épisodes très efficaces portés par un duo d’acteurs d’une grande justesse : Narges Rashidi, BAFTA 2026 de la meilleure actrice, et Joseph Fiennes. Nazanin Zaghari-Ratcliffe, citoyenne irano-britannique, rend visite à sa famille en 2016 à qui elle présente son bébé âgé de 20 mois. Tandis qu’elle s’apprête à rentrer en Angleterre, cette cheffe de projet pour une fondation caritative est arrêtée à l’aéroport de Téhéran. Accusée d’espionnage et de vouloir renverser le régime, malgré une absence de preuves, elle est jetée dans les prisons iraniennes. Elle y restera six ans, loin de sa petite fille qu’elle ne voit pas grandir.
La narration met en parallèle l’extraordinaire résistance de Nazanin, en dépit de la cruauté de ses geôliers durant d’interminables interrogatoires, et le soutien infaillible de ses proches. En particulier de son mari Richard, qui se démène depuis Londres afin de bousculer l’inertie diplomatique dans un conflit larvé. Remuant ciel et terre, il mène sa propre enquête et ne tarde pas à mettre au jour les raisons de l’incarcération de son épouse… Un combat poignant pour la liberté du peuple iranien qui résonne forcément dans l’actualité.
Des intemporelles à redécouvrir
Il y a aussi ces séries devenues des références dont on ne se lasse pas. Disponible sur différentes plateformes, Killing Eve nous entraîne, quatre saisons durant, dans un irrésistible jeu du chat et de la souris entre Eve (Sandra Oh) et Villanelle (Jodie Comer). L’une est une agente zélée des renseignements britanniques, l’autre une tueuse à gages psychopathe et insaisissable. S’installe une relation ambiguë, oscillant sans cesse entre attraction et répulsion. Une série girlboss par excellence, relancée en saison 3 par l’arrivée de Camille Cottin, parfaite en patronne impitoyable de l’organisation qui emploie Villanelle.
Les fans de Camille Cottin, justement, ont l’excuse toute trouvée pour revoir les quatre saisons de Dix pour cent (sur Netflix ou France.tv). Pour se glisser une fois de plus dans les coulisses du cinéma, en compagnie d’Andrea Martel et l’attachante bande dysfonctionnelle de l’agence de stars ASK. Où la tendresse l’emporte toujours sur les coups bas, où la solidarité triomphe quoi qu’il arrive de l’adversité. Et où chacun se plie en quatre pour satisfaire les caprices des guests dont on adore l’autodérision (Isabelle Huppert, Sigourney Weaver, Jean Dujardin, entre beaucoup d’autres). C’est par ailleurs l’occasion d’enchaîner avec le film du même nom, fidèle à la série, sorti en septembre sur la plateforme.
Netflix, encore, nous réserve un joli cadeau à mettre au pied du sapin : la sixième et dernière saison d’Emily in Paris, annoncée pour le 24 décembre. On y suivra les ultimes tribulations sentimentales et mode de notre Américaine préférée entre la Grèce et Monaco, avant un retour triomphal dans la capitale française. En attendant, il est encore temps de se délecter des précédentes aventures d’Emily Cooper qui se dégustent comme des petits bonbons devant la télé, à la fois doux et acidulés.
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