La 49ème édition du Festival du film italien de Villerupt fera battre le cœur des cinéphiles, du 23 octobre au 8 novembre. Sandrine Garcia, déléguée générale de l’événement, livre sa sélection coup de cœur dont la plupart sont inédits. Des longs métrages qui font la part belle aux réalisatrices.

Le public va pouvoir apprécier la richesse du cinéma italien d’hier et d’aujourd’hui dans toute sa diversité mais aussi celui de demain, « avec de plus en plus de femmes à la réalisation », souligne Sandrine Garcia. Le thème choisi cette année, dont l’affiche a été créée par Caroline Labadie, alias Sentenza, explore la figure patriarcale à travers la question « Mon père, ce héros… ? ». La majorité des films programmés en et hors compétition sont présentés en avant-première mondiale durant le festival. Voici les six incontournables sélectionnés par la déléguée générale.

Antarctica, de Lucia Calamaro (en compétition)

« Un film très surprenant », annonce d’emblée Sandrine Garcia. L’intrigue se déroule dans une base scientifique isolée en Antarctique, où une équipe de chercheurs italiens coupée du monde travaille sur la conception d’une « ville de glace ». Leur équilibre est bouleversé par l’arrivée d’une scientifique rebelle et ex-élève du chef de mission. S’installe alors un conflit éthique, idéologique et scientifique sur le devenir de l’humanité et le rapport au temps et à la recherche. « J’ai tout simplement adoré !, s’exclame Sandrine Garcia. C’est un film original, drôle, auquel on ne s’attend pas ».

Idda, d’Irene Dionisio (en compétition)

La réalisatrice revient à Villerupt après avoir reçu l’Amilcar du jury en 2016 pour son premier film. Idda (« elle » en italien) met en scène deux amies d’enfance aux trajectoires de vie éloignées, incarnées par Tecla Insolia et Romana Maggiora Vergano. Elle se retrouvent au pied de l’Etna, bien décidées à tenir la promesse qu’elles s’étaient faite : gravir le sommet ensemble. Mais le souffle du volcan qui gronde durant leur ascension va mettre à l’épreuve leur amitié. « Ce très beau film, qui parle d’alchimie et d’entraide, raconte également comment une expérience particulière peut changer la vie. Le paysage est en outre incroyable », souligne Sandrine Garcia.

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Criature, de Cécile Allegra (en compétition)

On suit ici le quotidien de Mimmo Sannino (interprété par Marco D’Amore, connu pour son rôle dans Gomorra), éducateur de rue dans un quartier sensible de Naples aux mains de la mafia. Le travailleur social consacre sa vie à des jeunes en errance, afin de les ramener sur les bancs de l’école et leur éviter de sombrer dans la violence. Pour ce faire, il les initie aux arts du cirque à travers la figure du clown. Un film « à la fois très poétique et dramatique, car les conditions de vie de ces enfants entourés par la délinquance sont terribles ».

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Il fueco che ti porti dentro, d’Edoardo de Angelis (en compétition)

Littéralement « Le feu que tu portes en toi », ce sixième long métrage d’Edoardo de Angelis a été présenté en septembre à la Mostra de Venise. « Un film assez fort qui porte sur l’amour étouffant que peut avoir une mère pour son fils et nous donne l’impression d’être dans une pièce de théâtre », relève Sandrine Garcia. L’histoire est donc celle d’une mère napolitaine (portée par Vanessa Scalera, récompensée à Venise) « comme on en voit dans la Commedia dell’arte », qui débarque chez son fils à Milan. « C’est une confrontation entre le nord et le sud qui mêle la farce au drame, avec cette mère excessive, traditionnelle, presque monstrueuse ».

Il profilo dell’atra, de Francesco Bruni (hors compétition)

C’est « un ami du festival » qui vient présenter ce film sur la relation entre deux jeunes femmes que tout oppose. Antonia, la trentaine, serveuse dans un bar après avoir abandonné une carrière littéraire, devient conseillère en image d’une célèbre influenceuse de 18 ans, issue de la haute société milanaise. « L’une va aider l’autre, mais pas dans le sens que l’on imagine…, glisse Sandrine Garcia, en guise de teasing. Un choc des cultures où les préjugés sont ébranlés. C’est vraiment très chouette et très actuel dans la thématique ».

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Per te, d’Alessandro Aronadio (hors compétition)

Cette « dramédie », entre tragédie et comédie, est « bouleversante de tendresse », introduit avec émotion Sandrine Garcia. Le sujet sonde l’amour familial au travers du lien qui unit un jeune garçon et son père quadragénaire, diagnostiqué d’un Alzheimer précoce. « Entre eux, les rôles vont donc s’inverser. Per te est d’une grande puissance émotionnelle, mais à la fois tendre et léger ».

Inoubliable Monica Vitti

Notons, par ailleurs, l’hommage consacré à Monica Vitti décédée en 2022, à l’âge de 90 ans. L’actrice et cinéaste à la voix rauque, dont la critique disait qu’elle n’avait pas « les rondeurs de Gina Lollobrigida ni le sex appeal de Claudia Cardinale », s’est illustrée dans une trentaine de films dont les mythiques L’avventura, L’éclipse, ou Le désert rouge, réalisés par Michelangelo Antonioni. Toutefois, rappelle Sandrine Garcia, « Monica Vitti n’était pas seulement la muse de Michelangelo Antonioni » et ce sont des comédies à l’humour grinçant qui ont fait sa popularité, comme Drame de la jalousie (Ettore Scola) ou Moi la femme (Dino Risi). Des œuvres ainsi qu’un documentaire, Dolce Vitti, d’Emmanuel Barnault, à revoir lors de cette rétrospective.

Programmation complète et infos pratiques sur festival-villerupt.com

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