Les pratiques sexuelles dites ” brutales ” ont plus de succès chez les 20 à 39 ans, que chez les générations précédentes, selon une nouvelle étude américaine.
Étranglements, fessées, morsures, tirage de cheveux… Les pratiques sexuelles impliquant la force physique seraient de plus en plus répandues sous la couette. Autrefois marginales, elles sont aujourd’hui banalisées. C’est ce que confirme une nouvelle étude publiée dans la revue « Archives of Sexual Behavior », relayée par « PsyPost ». La fréquence des rapports sexuels brutaux a augmenté au cours de la dernière décennie.
Cette étude a été dirigée par Debby Herbenick, professeure à l’École de santé publique de l’Université de l’Indiana, aux États-Unis. L’objectif étant d’analyser les comportements sexuels des différentes tranches de la population. Pour mener ces travaux, elle a recueilli les informations détaillées sur la vie sexuelle des Américains, issues de l’Enquête nationale sur la santé et les comportements sexuels de 2022, réalisée par Ipsos.
54 % des femmes ont déjà vécu un acte sexuel « brutal »
L’échantillon était ainsi composé de 9 029 adultes âgés de 18 à 94 ans. Les participants ont dû répondre à un questionnaire portant sur une liste de dix comportements sexuels spécifiques, tels que tirer les cheveux, mordre, gifler, gifler les parties génitales, donner des fessées légères ou fortes, étrangler, insulter… ou encore donner des coups de poing. Résultat, environ 48 % des femmes et 61 % des hommes ont révélé avoir déjà pratiqué au moins un de ces comportements sur un partenaire. 54 % des femmes et 46 % des hommes ont déclaré avoir vécu au moins un tel acte de façon consentie.
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Les pratiques « brutales » ont plus de succès chez les 20 à 39 ans
L’enquête met également en lumière des es variations selon l’âge. Les jeunes adultes de moins de 40 ans étaient nettement plus enclins à pratiquer ou vécu ces pratiques sexuelles. Par exemple, si l’étranglement d’un partenaire était rarement évoqué par les hommes de plus de 50 ans, il apparaissait fréquemment chez ceux âgés de 20 à 39 ans. Selon une étude précédente, réalisée en 2021 par Debby Herbenick, près de 80 % des étudiants de premier cycle sexuellement actifs avaient eu des rapports sexuels « brutaux ». L’étranglement, le tirage de cheveux et les fessées figurant parmi les actes les plus fréquents.
De la pornographie au désir de nouveauté
Ainsi, d’après des études menées par les professeures Rebecca L. Burch et Catherine Salmon, les rapports sexuels brutaux consentis sont généralement motivés par un désir de nouveauté plutôt que par l’agressivité. Leurs études auprès d’étudiants montrent que les personnes consommant de la pornographie sont davantage enclines à rechercher ce type d’expériences. D’autant plus que la représentation de ces pratiques est devenue courante à la télévision, dans la musique et sur les réseaux sociaux. Ils observent également que les hommes ont plus tendance à initier des rapports sexuels brutaux en lien avec des sentiments de jalousie. Par ailleurs, les désirs sexuels semblent évoluer avec l’âge. En effet, les expériences plus intenses laissant parfois place à une recherche de tendresse, de douceur et de confort. En vieillissant, la préférence pour des rapports plus affectueux et moins brutaux pourrait s’accentuer.
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Attention, il est important de rappeler que le consentement est essentiel quelle que soit la nature des rapports sexuels. Or, s’il peut s’agir de jeux inoffensifs, ces pratiques sexuelles marquées par une dimension de domination physique ou verbale ne sont pas toujours consenties. Environ 20 % des femmes et 16 % des hommes ont déclaré avoir subi au moins l’un des dix comportements brutaux listés. De plus, les actes brutaux consentis ne sont pas toujours vécus comme agréables. De prochaines recherches viseront donc à explorer cette zone grise du consentement.
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